• Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités
  • Nos activités
    Nos activités

EPIDEMIOLOGIE12

EPIDEMIOLOGIE

 

 

Objectifs pédagogique :

Objectifs théoriques

Définir les termes suivant:

–      Épidémiologie

–      Épidémie, endémie, pandémie

–      Chaine de transmission

–      Réservoir de germe, porteur de germes, véhicule de germes (hôte intermédiaire, vecteur)

–      Prévention primaire, secondaire, tertiaire

–      Prophylaxie

–      Isolement, éviction scolaire

–      Déclaration des maladies

–      Enquête épidémiologique

–      Dépistage 

  • Définir l’objet et le domaine de l’épidémiologie
  • Établir un schéma illustrant la chaine de transmission des maladies contagieuses
  •  Citer au moins les principaux agents de transmission des germes
  • Expliquer les 2modes de transmission des maladies contagieuses
  • Établir une liste d’au moins 20 facteurs favorisants la propagation des maladies contagieuses
  • Citer les maladies contagieuses et infectieuses à déclaration obligatoire
  • Citer les maladies qui doivent être déclarées par le chef de secteur

Objectifs pratiques et de communication

  • Expliquer la procédure de déclaration des maladies contagieuses au Maroc
  • Décrire les buts de l’enquête épidémiologique
  • Décrire les différents types d’enquête épidémiologique
  • Décrire la procédure du déroulement de l’enquête épidémiologique en cas d’épidémie et sur un cas individuel
  • Attribuer le code OMS à chacune des maladies à déclaration obligatoire 
  • Objectifs pédagogiques
  • Etablir et transmettre les formulaires de déclaration des maladies transmissibles
  • Mener une enquête épidémiologique sur une maladie transmissible
  • Effectuer la désinfection au lit, de la chambre et des objets ayant servi au malade contagieux
  • Informer la population sur les moyens de transmission et de prévention des maladies contagieuses
  • Expliquer à l’entourage du malade contagieux les mesures à prendre en cas d’isolement à domicile
  • Surveiller les malades contagieux isolés à l’ hôpital ou à domicile
  • Participer à la surveillance épidémiologique des maladies à programmes .

 

 

 

 

SCHEMA DE COURS

  1. Définitions:
  • Épidémiologie
  • Épidémie
  • Endémie
  • Pandémie
  1. Objet et domaine de l’épidémiologie
  2. LA CHAINE DE TRANSMISSION DE LA MALADIE
    1. Définitions:
  • L’agent causal
  • Le réservoir de germes
  • Le porteur de germe
  • Le vecteur
  • Le véhicule
  • L’hôte intermédiaire
  1. Schéma de transmission des germes
  2. Les agents de transmission des germes
  3. Les modes de transmission des maladies contagieuses
  4. Les facteurs favorisant la propagation des maladies contagieuses
  5. Facteurs inhérents à la population exposée
  6. État immunitaire
  7. Facteurs inhérents à l’agent pathogène
  8. Facteurs inhérents à l’environnement externe.
  9. LES PHASES D’EVOLUTION D’UNE MALADIE TRANSMISSIBLE
    1. L’incubation
    2. L’invasion
    3. La période d’état
    4. Phase de défervescence:
    5. Phase de convalescence
    6. LA PREVENTION
      1. Définitions:
  • Prévention primaire
  • Prévention secondaire
  • Prévention tertiaire
  • Déclaration
  • Éviction scolaire
  • Isolement
  • Prophylaxie
  1. Les maladies contagieuses et infectieuses à déclaration obligatoire
  2. Procédure de déclaration des maladies contagieuses
  3. Code OMS des maladies transmissibles
  4. LA SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE
    1. Définition
    2. But
    3. Approches
    4. L’ENQUETE EPIDEMIOLOGIQUE
      1. 1.       Définition
      2. 2.       Buts
      3. 3.       Différents types
  • Prospective
  • Rétrospective
  1. Déroulement de l’enquête épidémiologique

 

 

 

 

Épidémiologie générale

1-Définition de l’épidémiologie

   Étude de la distribution et des déterminants de la fréquence d’états de santé ou d’événements liés à la santé dans des populations données, et application de cette étude à la lute contre les problèmes de santé.

L’ « étude »

    englobe la surveillance, l’observation, la vérification d’hypothèses, la recherche analytique et les expériences. 

La « distribution »

    désigne l’analyse selon le temps, l’endroit et les classes de personnes touchées. 

Les « déterminants »

    sont tous les facteurs physiques, biologiques, sociaux, culturels et comportementaux qui influent sur la santé.

Les principaux déterminants de la santé

 

Les « états de santé et les événements liés à la santé »

   englobent les maladies, les causes de décès, les comportements, comme le tabagisme, les réactions à des mesures préventives ainsi que la fourniture et l’utilisation des services de santé. 

Les « populations données »

    sont celles qui présentent des caractéristiques identifiables, comme un effectif précis.

 « L’application de cette étude à la lutte contre les problèmes de santé »

   indique clairement l’objet de l’épidémiologie, à savoir promouvoir, protéger et rétablir la santé.

C’est l’étude de la distribution et des déterminants de la fréquence des phénomènes de santé chez l’Homme.

 

 

Démarche en épidémiologie

  • LA FREQUENCE :

      C'est l'étape de la quantification de la SURVENUE ou de l'EXISTENCE du phénomène de santé (maladie) dans la population.

  • LA DISTRIBUTION :

      Elle permet de répondre à trois questions capitales au cours du raisonnement épidémiologique :

  • QUI fait la maladie?                    (PERSONNE)
  • OU survient la maladie?            (LIEU)
  • QUAND survient la maladie?    (TEMPS)
  • LES DETERMINANTS :

      En comparant les fréquences selon les caractéristiques de distribution de la maladie on est amené à répondre à une quatrième question :

POURQUOI il y a cette distribution de la maladie?

      Pour cela, et sur la base des différences de fréquences constatées, on émet des HYPOTHESES sur les FACTEURS possibles qui déterminent la répartition de la maladie (Facteurs de risque ou de protection).

2-Objet et domaines de l’épidémiologie :

Objectif principal

  • A pour objet promouvoir, protéger et rétablir la santé des populations
  • Application des résultats des études épidémiologiques à la lutte contre les problèmes de santé

Objet selon les domaines de recherche

L’épidémiologie descriptive

    décrit les phénomènes de santé, la fréquence et la répartition des maladies.

L’épidémiologie analytique

    a pour objet l’étude des causes des maladies et cherche à mettre en évidence soit un lien de causalité (recherche à visée explicative), soit une association, un lien statistique entre un facteur et une maladie (recherche à visée pragmatique).

L’épidémiologie évaluative

    s’attache à évaluer l’efficacité d’une thérapeutique (essai thérapeutique) ou les résultats des actions et des interventions dans le domaine de la santé (campagne de vaccination, programme de dépistage).

A-Domaines de l’épidémiologie

    Plusieurs domaines de recherche de l’épidémiologie:

  • Épidémiologie des maladies transmissibles et non transmissibles 
  • Épidémiologie d’intervention (appliquée ou de terrain)
  • Épidémiologie environnementale
  • Épidémiologie expérimentale
  • Épidémiologie génétique
  • Épidémiologie moléculaire
  • Épidémiologie politique
  • Épidémiologie théorique
  • Ethno épidémiologie

B-Place de l’épidémiologie en santé publique

Définition:

    "La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité" (OMS)

Approche

–      Clinique:

   s'intéresse au patient/individu, diagnostique et traite la maladie en tant que phénomène pathologique. Seule, elle n'est pas suffisante pour contrôler les phénomènes de santé.

–      Epidémiologique:

    s'intéresse à l'ensemble de la population, avec une approche probabiliste de la maladie en tant que phénomène de masse.

Rôle de l’épidémiologie (1):

–      Outil indispensable au clinicien pour orienter ses moyens diagnostiques et thérapeutiques et à l'administrateur pour planifier et gérer ses ressources de manière rationnelle.

–      Par sa composante descriptive, l'épidémiologie fournit les éléments de base pour l'orientation de la politique sanitaire.

–      Par sa composante analytique, l'épidémiologie permet d'orienter et de rationaliser les mesures de contrôle ou de prévention à entreprendre

Rôle de l’épidémiologie (2):

   Globalement, l'épidémiologie intervient dans les étapes décisives de toute action de santé publique, de sa planification jusqu'à son évaluation :

  • Identification des problèmes de santé et des besoins
  • Établissement des priorités
  • Évaluation des programmes de santé

Épidémie

   C’est la survenue d’un nombre de cas (maladie) en excès par rapport à ce qui est habituellement attendu dans une région, chez une population et durant une période déterminées.

Exemples:

  • Méningites
  • Fièvre typhoïde
  • TIAC

Endémie

  C’est l’existence en permanence d’une maladie dans une région donnée ou chez une population déterminée, soit de façon constante, soit à des époques particulières pendant différentes périodes.

Exemples:

  • Paludisme
  • Tuberculose

Pandémie

   C’est une épidémie survenant dans une très grande région, dépassant un continent et touchant généralement une grande partie de la population.

Exemples:

  • VIH/SIDA
  • Grippe

 

 

Caractéristiques selon le temps et l’espace

 

Temps

Espace

Epidémie

Limitée

Limitée

Endémie

Illimitée

Limitée

Pandémie

Limitée

Illimitée

 

3-La chaîne de transmission de la maladie

A-Définitions

  • Maladie infectieuse:

     Une maladie infectieuse résulte de l’interaction entre un agent infectieux, son hôte et des facteurs environnementaux

  • Maladie transmissible:

     Maladies ayant la capacité de se transmettre, directement ou indirectement, d’un individu à un autre, au sein d’une même espèce, ou d’une espèce à une autre.

La chaîne de transmission

Elle comporte 3 niveaux :

1)      l’agent infectant et son réservoir

2)       le mode de transmission

3)       l’hôte réceptif

        Sa connaissance conditionne les méthodes de prévention, visant soit le réservoir, soit le vecteur, soit l’hôte.

 L’agent causal:

    Facteur

     C’est un microorganisme, une substance chimique ou une forme de rayonnement, dont la simple présence, la présence en quantité excessive ou l’absence relative (maladie de carence) est une condition essentielle à la survenue de la maladie.

    Les agents pathogènes à l’origine d’une maladie infectieuse sont multiples:

  • bactérie,
  • virus,
  • parasite,
  • Champignon,
  • prion.

Les agents pathogènes responsables d’une maladie infectieuse se caractérisent par :
      – Leur contagiosité (capacité de se transmettre d’un individu à un autre).
      – Leur caractère pathogène (capacité à induire la maladie).

     – Leur pouvoir envahissant (capacité à se propager, donner des localisations septiques).
     – Leur virulence (capacité à provoquer des troubles graves).

le réservoir de germes

Le réservoir :

   Tout être vivant, qu’il soit humain ou animal, ainsi que tout arthropode, plante, sol ou substance, ou toute combinaison de ceux-ci , dans lequel un agent infectieux vit et se multiplie normalement, dont cet agent dépend principalement pour ca survie et où il se produit de manière à pouvoir être transmis à un hôte réceptif.

Les infections exogènes sont acquises à partir de l’entourage ou de l’environnement.

– Le réservoir peut être l’homme lui-même : c’est le cas, par exemple, de la variole, la rougeole, la poliomyélite, la varicelle, le choléra, la typhoïde, la syphilis, le paludisme, la tuberculose et la grippe.

– Le réservoir peut être animal. Ce sont les zoonoses telles la peste (rongeurs), la fièvre jaune (singes), la brucellose (bétail), la rage (renard).

– Le réservoir peut être le sol : spore tétanique,

– Le réservoir peut être les poussières : histoplasme,

– Enfin, le réservoir peut être l’eau : legionella.


le porteur de germe

    Personne ou animal qui héberge un agent infectieux particulier en l’absence de maladie clinique perceptible et constitue une source potentielle d’infection.

    l’état de porteur peut survenir chez un individu :

–      ayant une infection qui demeure inapparente pendant tout sa durée : porteur sain ou asymptomatique

–       durant la période d’incubation : porteur en incubation

–      Pendant  ou après la convalescence : porteur convalescent

   l’état de porteur peut être de courte ou de longue durée

–      Porteur temporaire ou provisoire

–      Porteur chronique .

le vecteur

    Insecte ou tout porteur vivant qui transporte un agent infectieux d’un individu infecté, ou de ses déjections, à un individu réceptif, sa nourriture ou son environnement immédiat.

    l’organisme peut traverser ou non un stade de développement à l’intérieur du vecteur.

    exemples:

Insectes : Arthropodes

rats

Chiens …

le véhicule

    tout objet ou substance qui sert d’intermédiaire à la transmission d’un agent infectieux à partir du réservoir et à son introduction dans un hôte réceptif .

    Il peut s’agir:

D’air

Des gouttes du sang

De la salive

Des secrétions nasales ou sexuelles

Des matières fécales.
l’hôte

    Homme ou animal, y compris les oiseaux et les arthropodes, qui, dans des conditions naturelles, entretient ou héberge un agent infectieux.

    certains protozoaires et helminthes passent par des stades successifs dans plusieurs hôtes de divers espèce.

    un hôte transporteur est un porteur dans lequel l’organisme demeure vivant sans poursuivre son développement.


l’hôte intermédiaire

   Hôte secondaire, C’est l’hôte qui va recevoir et héberger le plus souvent un parasite à l’état larvaire (formes asexuées) qui va y éclore sans développer de maladie et ce avant d’aller infester l’hôte définitif ( Homme ou Animal).
l’hôte réceptif ou définitif:

Hôte final sur lequel un parasite, qui peut avoir passé par un ou plusieurs hôtes intermédiaires, atteint la maturité sexuelle qui lui permet de donner naissance à un nouveau cycle.

B-LE Schéma de transmission des germes

 

Réservoirs et modes de transmission des maladies transmissibles. Adapté de : Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales.

Épidémiologie des maladies transmissibles. In: Pilly editor. Maladies infectieuses et tropicales. Montmorency: 2M2; 2004. p. 578-82. Transmission directe de

personnes à personnes : 1. Aérienne (exemple : grippe, varicelle) ; 2. cutanée/Manu portée (exemple : impétigo) ; 3. sexuelle (exemple : hépatite B, virus de

l’immunodéficience humaine [VIH], infections sexuellement transmissibles [IST]) ; 4: par le sang (exemple : hépatite C, VIH). Transmission tellurique, par

contact avec le sol (exemple : tétanos). Transmission par vecteur, avec ou sans réservoir animal (exemple : fièvre jaune, paludisme). Transmission par l’eau et

les aliments (exemple : typhoïde, choléra).

 

C-Les agents de transmission des germes

    Appelés aussi « Véhicules » , c’est toute matière inanimés ou des objets contaminés (jouets, mouchoirs, vêtements souillés, literie, ustensiles et instruments chirurgicaux ou pansements); eau, aliments, lait, produits biologiques (sang, sérum, plasma, tissus ou organes) ou toute substance servant d’intermédiaire par lequel un agent infectieux est transporté et introduit dans un hôte réceptif par une porte d’entrée adéquate.

    l’agent infectieux peut s’être multiplié et développé ou non sur le véhicule ou dans celui-ci avant d’être transmis.

  • L’air :

    Plusieurs variétés  de bactéries et de virus se retrouvent en suspension dans l’air ambiant , la voie respiratoire va constituer la principale porte d’entrée de ces germes .

  • Les gouttes de sang :

    On parle ici de sang contaminé , autrement dit , du sang qui contient l’agent causal  et c’est par voie parentérale qu’il y aura contamination dans la majorités des cas .

  • La salive :

     Certains germes vont se retrouver dans la salive de certains malades  , la transmission sera directe ou indirecte par voie orale le plus souvent.

  • Les gouttelettes nasales :

    Certains virus y trouvent un terrain favorable pour se transmettre par voie respiratoire .

  • Les agents de transmission des germes
  • Les sécrétions sexuelles  :

    C’est l’agent principal de transmission des Infections sexuellement transmissibles (IST).

  • Les matières fécales :

    Plusieurs germes pathogènes sont éliminés dans les matières fécales , d’où ils vont contaminer indirectement le plus souvent d’autres organismes , c’est pourquoi le Péril fécal constitue une source de problème en épidémiologie .

  • Autres  :

    D’autres liquides et secrétions biologiques sont responsables de la transmission de certains germes , entre autres : Les urines , les contenus gastro-intestinaux , le liquide amniotique , l’exsudat d’ascite   le liquide de lavage broncho alvéolaire …

D-Les modes de transmission des maladies contagieuses

Un mode de transmission correspond à la façon ou la manière avec laquelle un agent causal (bactérie , virus, parasite) se transmet de la source infectante (réservoir, porteur sain) à l’hôte réceptif (l’homme).

La connaissance du mode de transmission, de la maladie est indispensable pour retracer le chemin d’une infection d’un organisme à l’autre, et ainsi identifier quelles mesures à prendre pour la protection et la prévention

  • Direct :

   la contamination se fait de personne à personne (ou de l’animal à l’homme) à partir du contaminateur malade ou porteur sain de l’agent infectieux vers l’hote réceptif

  d’individu à individu (survie éphémère dans le milieu extérieur).

Aérien : rougeole, grippe, tuberculose, varicelle.

Par contact avec des gouttelettes de salive : méningite, VRS.

Par les mains ou les contacts directs pour les transmissions entériques et certaines bactéries multi résistantes en milieu hospitalier.

Par voie sexuelle : syphilis, gonocoque, VIH.

Par voie sanguine : VIH, VHB, VHC, CMV, paludisme…

Par contact avec un animal contagieux : voie aérienne (grippe du poulet, fièvre Q), cutanée (tularémie, brucellose).

 

  • Indirect :

   la contamination se fait hors de la présence du contaminateur par l’intermédiaire d’un vecteur, produit ou d’un matériel contaminé

     passe par l’intermédiaire d’un objet inanimé (eau, aliment) ou par un vecteur, c’est à dire un organisme vivant (arthropode ou autre animal) :

Eau et aliments : salmonelle, shigelle, choléra, amibes, VHA, légionelle…

Sol : parasites.

Arthropodes : anophèle femelle pour le paludisme, aedes pour la fièvre jaune, tique pour la maladie de Lyme (Borrelia).

  A ces modes de transmission “ horizontaux ” s’ajoute pour certaines infections une transmission verticale de la mère à l’enfant par voie transplacentaire ou au moment de l’accouchement (rubéole, syphilis, toxoplasmose, VHB, VIH).

  Un mode transmission n’en exclu pas forcement un autre, en effet on peut retrouver des maladies dont l’agent causal peut être transmis par différents modes et engendrer la même infection

Exemples: HB

 

E-Portes d'entrée des micro-organismes

 

 

F-Les facteurs favorisant la propagation des maladies contagieuses

Le développement et la propagation d'une maladie infectieuse dépendent à la fois du germe infectieux, de la population en contact et de leur environnement.

Pour qu'une maladie se développe au sein d'une population, il est nécessaire qu'une partie des individus la composant soient sensibles aux germes infectieux.

Cette propagation dépend de plusieurs facteurs qui sont inhérents à :

  • L’homme (population exposée)
  • L’agent pathogène
  • L’environnement*

 

 

 

G-Facteurs inhérents à la population exposée

 

Age 

  •  Le nouveau-né est immunologiquement protégé par les Ac maternels de sa mère. Pourtant il peut faire des maladies digestives et respiratoires en rapport avec l’existence d’IgA . La réponse lymphocytaire est faible.
  •  Le vieillard est immunologiquement altéré : réponse humérale et lymphocytaire faibles.
  •  A la puberté : réceptivité augmentée aux maladies infectieuses : stress (comportement), mode de vie, facteur endogène.
  •  On note : 
    •  la gravité de la coqueluche dans le 1er âge.
    •  Sensibilité des enfants aux infections respiratoires (étroitesse des voies R) et aux otites (trompe d’Eustache plus courte)
    •  Poli, H.V, MNI sont le plus souvent inapparentes chez l’enfant.

Sexe 

Rôle non prépondérant.

Résistance des femmes / hommes  aux maladies infectieuses.

Les œstrogènes  influencent :

–        L’activation, la différenciation et la migration des lymphocytes.

–        le pouvoir phagocytaire des macrophages

État physiologique (la grossesse)

Entraîne une tolérance immunitaire, d’où une baisse de T4 et de l’HSR ce qui fait la gravité de l’HV et de la grippe chez la femme enceinte.

La race et l’ethnie

Sous cette notion se cachent des facteurs socio-économiques.

État immunitaire 

Le développement d’une infection après une exposition à un microbe dépend de la réponse immunitaire de l’individu et de l'état d'immunité dans lequel se trouve la population

n  Immunité innée

n  Immunité acquise (adaptative) 

n  Immunité collective

n  Immunité individuelle

Toute défaillance de l’immunité favorise la propagation des maladies

Déficits immunitaires : (acquis ou héréditaires)

     - acquis : + iatrogènes : chimiothérapie anticancéreuse, immunosuppresseurs

                      + SIDA : ↓de l’immunité et ↑de la réceptivité.

                      + Maladies sous-jacente : Diabète, IRCT, splénectomie (↑la susceptibilité

                                                                    de l’infection à pneumocoque)…

     - héréditaires : aplasie médullaire

Existence de pathologies sous jacente

Pathologie locale :

   favorisant la greffe d’une autre pathologie :

- Les infections virales font le lit des surinfections bactériennes (Ex. grippe      BPP)

Les traumatismes :

-Brûlure      destruction de la barrière cutanée risque infectieux.

-Le stress : augmente la réceptivité de l’individu.

-L’agression climatique : augmente la réceptivité de la méningite cérébro-spinale.

La malnutrition :

les déficits alimentaires vont diminuer :

-Les protéines opsonisantes,

-Les protéines de l’inflammation,

-Les protéines du fer qui vont perturber la phagocytose.

Chez l’enfant, en plus, il y a une dépression de l’immunité avec une diminution des Ac et des IgA (diarrhée et BPP).

Les maladies chroniques:

On parle aussi de tares, se sont des maladies chroniques qui présentent un terrain favorable pour le développement des maladies  (Ex : Diabète, SIDA, IRCT, ….)

I-Facteurs inhérents à l’agent pathogène

1 - La virulence

   Désigne le degré de pathogénicité d’un microorganisme ou de son aptitude à se développer dans un organisme hôte et à y provoquer des troubles morbides. 

2 - La pathogénicité 

   Désigne la capacité  d’un microorganisme   de causer une maladie.

  • Pénétrer l’organisme cible
    • Flore bactérienne résidente
    • Adhésine et récepteurs correspondant
  • Invasion
  • Sécrétion de toxine
    • Clostridium… coqueluche … dyphtérie.
  • Sécrétion d’enzyme
    • Favorise la diffusion : coagulase , streptokinase
    • Bloque l’activité des antibiotiques  beta lactamase
  • Multiplication
    • Intracellulaire:
      •    évolution lente - formes chronique ou quiescente - diffusion intracellulaire des traitements
      •    Tuberculose, maladie de lyme, brucellose
      • Extracellulaire = pyogène
        •    évolution aigue , formation de pus , septicémie , abcès
        •    Staphylocoque, Streptocoques, Pseudomonas

3 - La contagiosité

 Dépend de :

  •  Période de l’élimination de l’agent
  •  Porte de sortie du microorganisme  pathogène

Le degré de contagiosité est fonction de :

               - la virulence de l ’agent infectieux

               - l ’inoculum:  minimum infectant / l’inoculum transmis

              - la réceptivité du patien

 

               

Pouvoir d’invasion

Plus de 75 % des infections surviennent chez l’homme au niveau des muqueuses

Trois stratégies sont utilisées par les bactéries pour coloniser ou traverser

     L’adhésion

     L’adhésion intime

     L’internalisation

J-Facteurs inhérents à l’environnement externe

*Facteurs météorologique :

La chaleur :

Rôle important pour le péril fécal (choléra, typhoïde, bilharziose…) :

       - Conservation de l’agent pathogène dans le milieu extérieur

       - Permet le contact de l’agent pathogène - sujet réceptif.

Rôle dans les maladies à transmission vectorielle (paludisme, fièvre jaune).

       Ex : La fièvre jaune transmise par l’Aedes :

- Le virus est atténué à < 25°C.

- <20°C Aedes n’est plus infectant.

- <18°C Aedes ne pique plus.

- L’activité infectante n’existe qu’aux T>25°C.

Répartition de la fièvre jaune dans le globe : zones à T° annuelle.

Le froid :

favorise- Le contact intime

       - Le confinement (non renouvellement de l’air) : transmission des

          infections rhinopharyngées.

L’hygrométrie :

= c’est le degré de l’humidité dans l’air inspiré en particulier l’air sec froid ou chaud est néfaste pour la muqueuse ORL       microfissures qui ont un rôle dans les infections rhinopharyngées.

*facteurs humains :

Mode de vie :

- la densité de la population permet le brassage et la diffusion des agents pathogène

Ex. rougeole endémique en milieu urbain, épidémique en milieu rural.

Facteurs professionnels :

Favorisent le contact entre le sujet et l’agent pathogène

Ex. vétérinaire/rage, corps médical/HV, égoutiers/leptospirose…

Les coutumes religieuses : ex. choléra

- Le delta du Gange en Inde.

- La Mecque était pendant longtemps un lieu de dissémination de choléra.

- Le toilettage des cadavres : le vibrion cholérique persiste dans la sueur.

- Les ablutions post défécatoire.

- Les plats pris à la main de façon collective.

Le niveau socio-économique :

La pauvreté         insuffisance alimentaire + logement insalubre…

 

propagation de maladies contagieuses en cas de catastrophes.

L’hygiène :

H. individuelle :

Transmission de maladies de main en main = maladies des mains sales (« l’amibe de mon ami est mon amibe »)

H. collective : Se résume à l’assainissement

- Traitement des eaux usées.

- Approvisionnement en eau potable.

- Contrôle des denrées alimentaires.

-          Habitat salubre.

   En l’absence des égouts      contamination hydrique       épidémies :

-massives (nombre de sujets atteints)

-brutales (installation rapide)

-extensives (diffusion rapide)

Ex : En 1962 à Safi 5000 cas de typhoïde.

L’influence de la vie moderne :

Les transports (caravanes, bateau à vapeur, jet…) ont joué un grand rôle dans la diffusion et la dissémination des maladies infectieuses. 

4-LES PHASES D’EVOLUTION D’UNE MALADIE TRANSMISSIBLE

  • LES PHASES D’EVOLUTION D’UNE MALADIE TRANSMISSIBLE

   L'histoire naturelle d'une maladie infectieuse est composée de deux aspects : l'aspect clinique, observable, et l'aspect biologique, non observable.

 

Une maladie infectieuse se déroule généralement de façon caractéristique comme une suite de plusieurs phases. Il est essentiel de connaitre cette évolution pour diagnostiquer convenablement la maladie

 

Une maladie infectieuse évolue en cinq phases:

  • Phase d’incubation
  • Phase d’invasion
  • Phase d’état
  • Phase de défervescence
  • Phase de convalescence

A- incubation

  • La contamination:

    présence d’un agent infectieux sur une surface du corps, sur des vêtements, de la literie, des jouets, des instruments chirurgicaux ou des pansements, ou sur d’autres objets inanimés ou substances, dont l’eau, le lait et les aliments.

    La pollution diffère de la contamination et implique la présence de matières nocives, mais pas nécessairement infectieuses dans l’environnement.

    La contamination d’une surface corporelle ne signifie pas qu’il y a portage 

  • La phase d’incubation:

   généralement silencieuse, c’est une période de latence entre l’exposition à un agent pathogène et l’apparition des manifestations cliniques d’une maladie infectieuse.

     de durée variable, elle correspond à la multiplication et à la dissémination du germe ou à l’élaboration de sa toxine.

     pendant l’incubation, aucun signe clinique n’apparaît et même les signes biologiques sont le plus souvent négatifs.

     généralement, le sujet n’est pas encore contagieux, mais la contagiosité est possible  


B-invasion

La phase d’invasion:

   c’est la phase d’installation de la maladie. presque toujours de courte durée, elle est contagieuse et marquée surtout par l’apparition des signes généraux des infections et qui ne sont pas spécifiques de la maladies (prodromes):

    fièvre, courbatures, vomissements, céphalées...

    Exemple: 

    les nausées, la fièvre et les démangeaisons sont des prodromes de l’hépatite virale

 

 

 

 


C-période d’état

Phase d’état:

   de durée variable, c’est la phase d’expression clinique, elle correspond à l’apparition des signes cliniques caractéristiques de la maladie et qui sont à leur maximum d’intensité, avec éventuelle apparition de complications.

    L'infection peut rester locale, par exemple limitée au revêtement cutanéo-muqueux. Elle se caractérise par une réaction inflammatoire, tuméfiante, chaude, plus ou moins douloureuse (impétigo, furoncles, anthrax, orgelet, érysipèle, etc.).

    L'infection est dite locorégionale lorsque les germes atteignent les relais lymphatiques lesquels constituent la deuxième ligne de défense après que celles des barrières cutanéo-muqueuses aient été franchies.

     Ainsi un furoncle peut conduire à des complications régionales telles adénopathies, abcès, lymphangites. Un panaris peut se compliquer en phlegmon, tuméfaction extrêmement douloureuse.

    L'infection peut se généraliser et conduire à une septicémie, c'est-à-dire à un envahissement, par voie veineuse, des germes dans tout l'organisme. Généralement, les septicémies s'accompagnent de signes généraux graves.

     Certains germes, souvent peu virulents, peuvent à partir d'un foyer d'infection primaire (carie, angine, etc.) migrer et coloniser les végétations endocardiaques. Certains germes peuvent même provoquer des endocardites aiguës (Streptococcus viridans).


D-défervescence

  de durée variable, elle correspond à la disparition progressive des signes cliniques spécifiques à la maladies, mais persistance possible des signes généraux

E-convalescence

   période transitoire entre la fin de la maladie et le retour à une parfaite santé avec parfois asthénie, anorexie.

    la convalescence a une durée variable suivant la nature de l’affection en cause, elle peut aller de quelques jours (grippe) à plusieurs mois (tuberculose).

    pendant la convalescence, le sujet reste plus exposer à d’autres affections.

*COMPLICATIONS:

    peuvent elles-mêmes conduire au décès, être responsables de séquelles ou, en tous cas, retarder la guérison. Les complications peuvent être locales (ex : gangrène gazeuse -> amputation), ou générales [septiques (ex : endocardite -> abcès cérébral), toxinique (choc septique, tétanos), immunologiques (ex : RAA)

*RECHUTE:

    On parle de rechute lorsqu’il existe une reprise de la maladie avant guérison complète et de RECIDIVE en cas de nouvelle infection

Phase

Définition

Clinique

Durée

Remarque

Phase d’incubation

Temps écoulé entre la pénétration du germe dans l’organisme et l’apparition des 1ers signes

Le plus souvent asymptomatique

Variable en fonction de la maladie

Contagiosité possible

Phase d’invasion

Installation des signes généraux

Fièvre, céphalées, …

Très courtes : quelques heures à 48 h

Contagiosité

Phase d’état

Apparition des signes spécifiques

Symptômes caractéristiques de la maladie

Variable

Apparition éventuelle de complications

Phase de terminaison

Diminution et disparition des signes spécifiques

Défervescence puis apyrexie

Souvent disparition de tous les signes

Variable

Persistance possible de signes généraux et même de séquelles

Phase de convalescence

Retour à l’état de santé antérieur à la maladie

Parfois encore quelques signes généraux (anorexie, asthénie, …)

Très variable, parfois longue

Etat d’anergie, parfois séquelles

 

 

 

 

 

5-LA PREVENTION

  1. Définitions:
  • Prévention primaire
  • Prévention secondaire
  • Prévention tertiaire
  • Déclaration
  • Éviction scolaire
  • Isolement
  • Prophylaxie
  1. Les maladies contagieuses et infectieuses à déclaration obligatoire
  2. Procédure de déclaration des maladies contagieuses
  3. Code OMS des maladies transmissibles

1/ Définitions

La prévention:

    C’est l’ensemble des mesures visant à éradiquer, éliminer ou atténuer l’impact de la maladie et de l’incapacité ou, si ces résultats sont inatteignables, à retarder l’évolution de la maladie et de l’incapacité

    Elle fait appel à des mesures de prévention individuelles et collectives.

    La prévention est définie en fonction de niveaux:

  • La prévention primaire
  • La prévention secondaire
  • La prévention tertiaire

La prévention primaire:

     Comprend tous les actes destinés à diminuer l’incidence d’une maladie, c.à.d réduire l’apparition de nouveaux cas.

     Ce sont les mesures visant à protéger les sujets susceptibles.

     Elle s’adresse aux sujets sains, pour promouvoir ou maintenir leur santé.

     Elle fait appel à des:

–      Mesures de prévention individuelles:

  • Hygiène corporelle
  • Hygiène vestimentaire
  • Hygiène alimentaire
  • Vaccination

–      Mesures de prévention collectives:

  • Distribution d’eau potable
  • Élimination des déchets solides
  • Hygiène alimentaire
  • Habitat
  • Conditions du travail
  • Vaccination (poliomyélite, tuberculose…)

La prévention secondaire:

    Comprend tous les actes destinés à diminuer la prévalence d’une maladie, c.à.d réduire la durée d’évolution de la maladie.

    Elle est basée essentiellement sur le dépistage précoce des maladies et le traitement des atteintes primaires, pour éviter l'installation des complications ou des séquelles.  

La prévention tertiaire:

    Comprend tous les actes destinés à diminuer la prévalence des incapacités chroniques et des récidives, c.à.d réduire au maximum les invalidités fonctionnelles.

    Elle vise à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes.

    On parle de réadaptation, réinsertion sociale et professionnelle.

    Exemples:

–      Rééducation après réparation d’une lésion traumatique (accident de la circulation)

   le dépistage :

 consiste en la recherche d'une maladie asymptomatique, d’anomalie ou d'un facteur de risque à un stade précoce chez une personne qui ne se plaint pas de symptômes particuliers, suivie ou non d'examens complémentaires et/ou de traitements.

 

Types

  • Dépistage de masse:

   Examen proposé à la population générale définie seulement en terme de sexe et d’âge, sans symptôme ni facteur de risque particulier

  • Dépistage sélectif:

   Dès qu’il y a symptôme ou antécédent familial, on sort du cadre du dépistage de masse pour entrer dans le colloque singulier entre patient et médecin

Intérêts

  • Mettre en évidence un facteur de risque peut permettre de le corriger pour éviter la survenue d'une maladie. exemple: FRCV
  • Mettre en évidence une lésion favorisant une autre maladie plus grave. exemple: dépistage des polypes coliques
  • Traiter à un stade précoce une maladie. Souvent, les traitements des cancers sont moins lourds et plus efficaces quand la maladie est découverte à un stade précoce qu'à un stade plus évolué, où le patient présente des symptômes.
  • Traiter la maladie avant que des séquelles ne surviennent.

     exemple: traitement d'une hypothyroïdie  avant d'avoir un déficit de croissance et un déficit mental

Critères requis par l’OMS pour qu’un dépistage soit considéré comme utile

  1. La maladie = menace grave
  2. Traitement efficace : disponible
  3. Les moyens appropriés de diagnostic et de traitement doivent être disponibles
  4. La maladie : décelable phase de latence ou au début de la phase clinique
  5. Un examen de dépistage efficace est disponible
  6. Test acceptable pour la population
  7. L’histoire naturelle de la maladie est connue
  8. Choix des sujets recevant un traitement se fait selon des critères préétablis
  9. Le coût dépistage + diagnostic + traitement est raisonnable par rapport au coût global des soins médicaux
  10. Une continuité doit être assurée, le dépistage n’est pas exécuté      « une fois pour toutes »    Diminution de la mortalité et de la morbidité

 

Moyens du dépistage

Examen clinique : palpation des seins, toucher rectal, toucher testiculaire...

Examens biologiques : prises de sang, recherche de sang dans les selles, spermogramme…

Prélèvements comme un frottis cervical...

Recherche de mutation génétique : BRCA1 et 2 de certains cancers du sein et/ou de l'ovaire,...

Imagerie médicale: mammographie, échographie…

Éviction scolaire

    Interdictionpour un élève atteint d’une maladie contagieuse de fréquenter un local ou un groupe scolaire, pour éviter la propagation de la maladie dans les collectivités scolaires.

    Cette mesure s’étend également au personnel 

L’isolement:

     C’est la séparation des personnes infectées des autres personnes pendant la période de contagiosité, dans des conditions qui empêcheront ou limiteront la transmission de l’agent infectieux des personnes infectées aux personnes réceptives ou susceptibles de transmettre cette infection à d’autres.      

La déclaration :

    C’est le signalement de tout phénomène de santé ou pathologie et la transmission de données individuelles à l’autorité sanitaire.

    Ces informations sont nécessaires à la mise en œuvre des mesures d’investigation et d’intervention.

    C’est la base des systèmes de déclaration obligatoire dans les systèmes de surveillance.

La prophylaxie :

  • La prophylaxie est l’ensemble des mesures médicales (vaccins, sérums et médicaments) ou sanitaires (mesures d’hygiène) mises en œuvre pour prévenir l’apparition, la réapparition, l’aggravation et la propagation de maladies. Elle fait partie de la prévention. La prophylaxie peut être individuelle ou collective et obligatoire ou facultative.
  • La prophylaxie se conçoit pour protéger les sujets sains ou malades, dès lorsqu’il n’existe pas d’autres moyens de prévention ou qu’un contexte d’urgence ne permet pas la mise en œuvre des ces autres moyens de prévention .

Exemple: cas d’une épidémie

    Le contrôle de l’épidémie peut être obtenu grâce à diverses mesures prophylactique de prévention que l’on peut classer en trois catégories :

– Destruction de l’agent pathogène : traitement des malades et des porteurs de germes, traitement des réservoirs.

– Arrêt de la transmission : isolement et éviction des sujets malades, limitation des déplacements (quarantaine), désinfection des supports et des objets contaminés, destructions des vecteurs.

– Actions sur les individus non malades et sur la population : immunisation active (vaccination) ou passive (séroprophylaxie), éducation pour la santé et changement de comportement.

Maladie à déclaration obligatoire

    Maladie qui, en vertu de la loi, doit obligatoirement être signalé aux services de santé publique de l’entité administrative concernée lorsque le diagnostic est établi.

   maladie est considérée comme suffisamment importante pour la santé publique pour que les cas doivent obligatoirement être notifiés aux autorités sanitaires

  • C’est un Acte médical :

–      signaler à l’autorité sanitaire

–      1 ou plusieurs cas de certaines maladies

  • Permet :

–      la surveillance de l’état sanitaire de la population

–      Prendre les mesures prophylactiques propres à enrayer la maladie
Bases Juridiques

1. Décret Royal

• N° 554-65 du 26/06/1967 portant loi rendant la déclaration de certaines  maladies obligatoire et prescrivant les  mesures prophylactiques propres à  enrayer ces maladies

• Publications : B.O. du 5 Juillet 67 p. 737

  • Déclaration Obligatoire des Maladies
                    Bases Juridiques 

2. Arrêtés du Ministère de la Santé

  • Arrêté du Ministère de la Santé n° 511-65 du 27/06/1967

                Publications: B.O. N° 28-55 du 19/7/67

  • Arrêté du Ministère de la Santé N° 683-95 du 31/3/95

                Publications: B.O. N° 4344 du 18/01/1996, p. 22  et 23

  • Cet arrêté  a été complété par l’arrêté du Ministère des Affaires Sociales N°2822-97 du 07/11/97

                Publications: B.O. N° 4544 du 18/12/1997, p. 1124

  • Compléments :                N° 2822-97du 7 novembre 1997

                                                               N° 1715-00 du 30 novembre 2000

                                                               N° 1020-03 du 23 mai 2003

                                  N° 2380-09 du 7 septembre 2009


             Bases Juridiques (3)

3. Destinataire des Déclarations

                Circulaire du Ministère de la Santé , N° 755/292/201 du 24/3/76 et la Circulaire du Ministre de l’Intérieure, N° 17 DLA/I du 17/1/78, Précisent:

                « Déclaration des cas de maladies doivent être faites exclusivement à l’autorité sanitaire provinciale ou préfectorale qui doit les     acheminer au Ministère de la Santé ».

Liste des MDO

1. Maladies soumises au règlement sanitaire international:

–      La peste

–      La fièvre jaune

–      Le choléra

2. Maladies pouvant donner lieu à des poussées épidémiques:

–      La diphtérie, Le tétanos, La poliomyélite et les PFA

–      La rougeole, La coqueluche et La tuberculose,

–      Le paludisme, La bilharziose et La lèpre,

–      Le SIDA et Les MST,

–      La syphilis primo-secondaire,

–      Les infections méningococciques,

–      Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes,

–      Les TIAC,

–      La rage humaine,

–      Le trachome,

–      La  grippe due à un nouveau sous type de virus

3. Autres maladies à déclaration obligatoire :

–      Le rhumatisme articulaire aigu,

–      Les leishmanioses, Le charbon humain et La brucellose,

–      Les hépatites virales,

–      La leptospirose,

–      Le typhus exanthématique et La fièvre récurrente,

–      La conjonctivite gonococcique du nouveau-né,

–      Creutzfeldt-Jakob et les maladies apparentées,

–      Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS),

–      La fièvre hémorragique de Crimée-Congo,

–      La fièvre de la Vallée de Rift,

–      La fièvre du Nil Occidental,

–      L’hydatidose.

Procédure de déclaration des MDO

Les membres des professions médicales sont tenus obligatoirement et immédiatement de déclarer, simultanément à l’autorité administrative locale et à l’autorité médicale préfectorale ou provinciale l’existence de MDO ou de toute maladie se présentant sous une allure épidémique

Les membres des professions paramédicales sont tenus, chaque fois qu’ils soupçonnent l’existence d’un cas de MDO ou d’une épidémie, d’en faire la déclaration à l’autorité médicale préfectorale ou provinciale, laquelle doit faire confirmer ce cas de maladie par un médecin

Les déclarations sont faites sur des fiches de déclaration qui sont transmises par voie postale au ministère de la santé

 

Classification internationale des maladies

Une classification des maladies peut se définir comme un ensemble organisé de rubriques dans lesquelles on range des entités morbides en fonction de critères déterminés.

La CIM permet l’analyse systématique, l’interprétation et la comparaison des  données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays ou régions et à des époques différentes dans la mesure où le sens des mots n’a pas changé.

La CIM est utilisée pour transposer les diagnostics de maladies ou autres problèmes de santé, en codes alphanumériques, ce qui facilite le stockage, la recherche et l’analyse des données.

La CIM prévoit une large variété de signes, symptômes, observations anormales, plaintes et circonstances sociales qui peuvent prendre la place d’un diagnostic dans les dossiers sanitaires.

Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexe (CIM 10)

Historique

–      1893 Jaques Bertillon. Nomenclature internationale des
causes de décès

–      Élargissement progressif du domaine au-delà des maladies et des traumatismes

–      CIM 9 : 1975

–      CIM 10  travaux préparatoires débutés en septembre 1983

Présentation de la CIM 10

–      CIM 10 Mise en application 1/1/1993 version anglaise et 1/1/94 version française

–      3 volumes

  • Volume 1 : Table analytique

–      Classification elle même

–      Classification de la morphologie des tumeurs (anapath)

–      Listes pour les mises en tableaux

–      Définitions, règlement

  • Volume 2 : Mode d'utilisation

–      Indications et instructions pour l'utilisation du volume 1

–      Historique de la classification

  • Volume 3 : Index alphabétique

–      Index des chapitres I à XIX et XXI

–      Index des causes de mortalité et de morbidité (Chapitre XX)

–      Index des médicaments et produits chimiques

–      Enrichissement nationaux (France : extension PERNNS)

CIM 10 : Volume 1 – Table analytique

Mono-axiale :          

–      système (maladies cardio-vasculaires)

–      étiologie (maladies infectieuses, tumeurs)

21 Chapitres :

–      19 chapitres pour coder la pathologie

–      Plus :

  • 1 chapitre : Causes externes de morbidité et de mortalité
  • 1 chapitre : Facteurs influant sur l'état de santé et motif de recours aux service de santé

1 classification supplémentaire : M "Morphologie" des tumeurs

Double code : Code †  (étiologique) * (manifestation)

Adoption d'un code alphanumérique

–      1 lettre 3 Chiffres

–      Lettre U réservée à des adjonctions, modifications, classifications provisoires

CIM 10 : Volume 1 – Table analytique

Les 21 chapitres:

1 : certaines maladies infectieuses et parasitaires (A00-B99)

2 : Tumeurs (C00-D48)

3 : Maladies du sang et des organes hématopïétique et certains troubles immunitaires (D50-D89)

4 : Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (E00-E90)

5 : Troubles mentaux et du comportement (F00-F99)

6 : Maladies du système nerveux (G00-G99)

7 : Maladies de l'oeil et de ses annexes (H00-H59)

8 : Maladies de l'oreille et de l'apophyse mastoide (H60-H95)

9 : Maladies de l'appareil circulatoire (I00-I99)

10 : Maladies de l'appareil respiratoire (J00-J99)

11 : Maladies de l'appareil digestif (K00-K93)

12 : Maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané (L00-L99)

13 : Maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif (M00-M99)

14 : Maladies de l'appareil génito-urinaire (N00-N99)

15 : Grossesses, accouchement et puerpéralité (Ooo-O99)

16 : Certaines affections dont l'origine se situe dans la prériode périnatale (P00-P96)

17 : Malformations congénitales et anomalies chromosomiques (Q00-Q99)

18 : Symptômes, signes et résultats anormaux d'examens cliniques et de laboratoire, non classés ailleurs (R00-R99)

19 : Lésions traumatiques, empoisonnements et certaines autres conséquences de causes externes (S00-T98)

20 : Causes externes de morbidité et de mortalité (V01-Y98)

21 : Facteurs influant sur l'état de santé et motif de recours aux service de santé

Code OMS des maladies transmissibles

  • La peste,                     A20                 
  • La fièvre jaune,          A95
  • Le choléra,                 A00
  • La diphtérie,               A36
  • Le tétanos,         A33-A35
  •  La poliomyélite,        A80
  •  les PFA                      A36
  • La rougeole,                B05
  • La coqueluche,           A37
  • La tuberculose,   A15-A19
  • Le paludisme,     B50-B54
  • La bilharziose                         B65
  • La lèpre,                                 A30
  • Le SIDA                         B20-B24
  • Les MST,                                A64
  • La syphilis primo-secondaire,A51
  • Les infections méningococciques            A39
  • Les fièvres typhoïde et paratyphoïdes,                        A01
  • Les TIAC,
  • La rage humaine,                    A82
  • Le trachome.                           A71
  • Le rhumatisme articulaire aigu, I00
  • Les leishmanioses,                    B55
  • Le charbon humain,                  A22
  • La brucellose,                           A23
  • Les hépatites virales,        B15-B19
  • La leptospirose,                        A27
  • Le typhus exanthématique    A75.0
  • La fièvre récurrente,                A68
  • La conjonctivite gonococcique du nouveau-né.                           A54.3
  • Creutzfeldt-Jakob et les maladies apparentées,                                  A81
  • Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS),
  • La fièvre hémorragique de Crimée-Congo,                                           A96
  • La fièvre de la Vallée de Rift,    A92.4
  • La fièvre du Nil Occidental,       A92.3
  • L’hydatidose                                   B67

6-Surveillance épidémiologique

Définitions

Surveiller = «  Veiller avec attention, autorité et souvent avec défiance, contrôler ».( Larousse )

La surveillance est un processus continu  de collecte, de compilation et d’analyse des données, ainsi que leur diffusion à ceux qui ont besoin d’être informés.

*Surveillance des maladies

« l’observation attentive et continue de leurs distributions et de leurs tendances à travers la collecte systématique, la compilation et l’analyse des données de morbidité, de mortalité et d’autres données pertinentes, ainsi que la dissémination régulière et à temps à ceux qui ont besoin de savoir »

                A.D.Langmuir:

                The surveillance of communicable diseases of national importance

                New Engl. J Med 1963;268:182-92

*Surveillance en Santé Publique

   «collecte continue et systématique, l’analyse et l’interprétation de données de santé essentielles pour la planification, la mise en place et l’évaluation des pratiques en santé publique, étroitement associée à la diffusion en temps opportun de ces données à ceux qui en ont besoin.
L’étape finale du cycle de la surveillance est l’application de ces données au contrôle et à la prévention des maladies et accidents.»

Thacker SB: Surveillance. In : Gregg MB, editor. Field Epidemiology

New York : Oxford University Press, 1996:16-32

*Surveillance ≠ Information sanitaire

Surveillance :

–      Recueil de l’information

–      Détecter des changements de distribution ou de tendance des maladies dans le temps et dans l’espace

–      Entreprendre les investigations et les mesures de contrôle nécessaires

                                                                                              alerte et intervention

Information sanitaire :

–      recueil de l’information utile à la gestion du système de santé.

–      Sans notion d’action immédiate

 

 

4 étapes essentielles…

   En pratique, la surveillance épidémiologique est un processus systématique et continu, composé de quatre activités principales :

- Collecte de données pertinentes sur une population et une région spécifiques ;

- Regroupement et tabulation de ces données sous une forme significative et exploitable ;

- Analyse et interprétation des données ;

-Diffusion des données et des résultats aux personnes et services intéressés

    La finalité de la surveillance étant la prise de décision et l’action

 

Objectifs d’ un systéme de surveillance

Principal objectif  : détecter des changements de distribution ou de tendance des maladies,

Apprécier l’ampleur d’un phénomène de santé et de suivre ses tendances selon les caractéristiques de temps, de personne et de lieu = décrire,

Détecter les épidémies = alerter,

Evaluer l’impact des mesures de prévention et de contrôle = évaluer,

Émettre des hypothèses pour la recherche

  • Études analytiques
  • Association « facteur de risque / maladie

Identifier des phénomènes pour la recherche épidémiologique,

Faire les projections des besoins en soins de santé.

  • Sources des données : Le début de la démarche en épidémiologie est la mesure de la "fréquence" qui est l’étape de la quantification de la survenue ou de l’existence du phénomène de santé dans la population.

Cette mesure ne peut se faire que par les outils de la surveillance épidémiologique.

Déclarations des décès,

  • Déclaration de chaque cas de décès et sa cause
  • Décès certifiés par un corps médical

Déclarations des maladies,

  • Textes législatifs
  • Listes des maladies à déclaration obligatoire
  • Modalités et Procédures

Déclarations des épidémies,

Rapports des investigations des épisodes épidémiques,

Rapports des enquêtes autour des cas,

Déclarations et rapports des laboratoires

Sources des données

Études épidémiologiques,

Information sur la distribution des réservoirs et des vecteurs,

Information sur la distribution des médicaments,

Données démographiques,

Données environnementales,

Informations publiques et médiatiques

 

 

Types de surveillance

 

Passive : le système attend l’information qui lui est notifiée

Active :       le système va à la recherche de l’information

Exhaustive :             recherche dans l’ensemble (lieux, population)

Sentinelle :              recherche dans un échantillon (sites, groupes)

   Les informations sont acheminées sans intervention de la part des services responsables de surveillance

–      Liste pré-établie de maladies à déclaration obligatoire :

–      Textes et lois au Maroc

  • Décret Royal
  • Arrêtés du Ministériels et Compléments

  C’est la collecte de données de façon périodique par un contact régulier avec les services concernés pour s’enquérir de la présence ou de l’absence de nouveaux cas d’une maladie particulière.

Sollicitation des professionnels de santé de rapporter l’information sur une maladie donnée

Utilisée pour un problème spécifique :

–      Épidémie au cour de laquelle on veut pas manquer de cas

–      Nouvelle maladie

Le contact des déclarants est régulier

–      La fréquence des contacts est fonction de la maladie sous surveillance

–      Téléphone

–      Revue des donnée…

Information complète et en temps opportun

Surveillance sentinelle par réseau :

–      C’est généralement un groupe de services, de cliniques, de cabinets médicaux ou de laboratoires qui déclarent , à des intervalles de temps réguliers, le nombre de cas enregistré d’une maladie particulière, et ce, dans le cadre d’un engagement volontaire.

–      Exemple : la grippe

Surveillance sentinelle par site :

–      C’est une surveillance spéciale qui s’effectue d’une façon limitée dans le temps et dans l’espace et qui est répétée régulièrement à la même période de l’année.

–      Elle permet de suivre la tendance d’une maladie spécifique, dans un site précis et chez des groupes particuliers de la population

–      Exemple : SIDA

Surveillance épidémiologique au Maroc

Comment ?

Surveillance passive en général

Surveillance active: PFA, méningite, rougeole

Surveillance sentinelle: VIH, grippe, GE à rotavirus…

Investigation de quelques épidémies

Etudes épidémiologiques ponctuelles

Rythme de notification de quelques maladies et moyens de communication des données :Maladies à déclaration immédiate

Notification par FAX et/ou téléphone

Directement des provinces/préfectures à DELM :

      PFA (cas et fiche hebdomadaire de surveillance active), TNN,  rougeole, diphtérie, méningites, paludisme, choléra, leptospirose, brucellose, charbon humain, rage humaine, TIAC, épidémies et tout phénomène sanitaire anormal

Notification hebdomadaire et mensuelle

Fiches de notification sous format ”Excel”

Adresse de messagerie de la CPE :

                       Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Adresse de messagerie de l’ORE :

                       Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.                                                                 SSE : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

 

Gestion des données

 

A chaque niveau:

  • CPE :compilation des données par C/S
  • ORE :compilation des données par province/préfecture

Analyse systématique des données

Prise de décisions aux niveaux local et régional : mesures de riposte éventuelles

Rétro information

CPE               C/S : fiche de notification adressée à l’ORE

ORE               CPE :fiche de notification adressée à la DELM

ORE et CPE : Bulletin Epidémiologique Régional :

–      Professionnels de santé des différents secteurs

–      Autres départements

SSE :Bulletin Epidémiologique

            http://www.sante.gov.ma

L’enquête épidémiologique

7-L’ENQUETE EPIDEMIOLOGIQUE

Définition

Les enquêtes épidémiologiques sont des études établies de façon ponctuelle afin de répondre à une question conjoncturelle

Elles doivent faire l’objet d’un protocole initial décrivant les différentes étapes du travail

La recherche épidémiologique procède par enquêtes

Buts

   Les enquêtes épidémiologiques ont pour objet de:

–      recueillir, au niveau d’une population définie, des informations sur l’état de santé des sujets qui la constituent (épidémiologie descriptive)

–      mettre en évidence et d’analyser les relations qui existent entre les maladies et différents facteurs qui pourraient avoir un rôle étiologique (épidémiologie analytique). 

Réalisation d’une enquête épidémiologique

Six grandes étapes vont se succéder pour organiser une enquête épidémiologique dans la communauté :

  1. Définition des objectifs et choix de la méthode
  2. Élaboration du plan d’analyse
  3. Conception du questionnaire
  4. Élaboration du plan de sondage
  5. Collecte des données
  6. Exploration des données 

1/ Définition des objectifs et choix de la méthode

  • Définition des objectifs
  • Recherche documentaire
  • Choix de la population cible
  • Choix de la méthode d’investigation
  • Évaluation du budget prévisionnel

2/ Élaboration du plan d’analyse

Le plan d’analyse consiste:

–      à prévoir dans le détail  la façon dont les données et les résultats seront structurés et analysés;

–      à transformer les questions qui découlent des objectifs en croisements de variables statistiques.

Il permet de circonscrire  le travail aux thèmes choisis dans les objectifs.

Le plan d’analyse doit comporter:

–      La sélection des indicateurs mesurant l’événement étudié

–      La sélection des facteurs de risque testés:

  • Définition des classes à l’intérieur des facteurs étudiés
  • Croisement des variables
  • Ajustement  des données sur un certain nombre de facteurs de confusion ou des modificateurs de l’effet
  • Étude descriptive des données

–      Le choix des tests statistiques

3/ Conception du questionnaire

Le questionnaire permet d’apporter des réponses aux interrogations qui ont motivé l’enquête .

Un questionnaire d’enquête se compose de quatre parties principale:

–      Directives relatives à la présentation et à la conclusion de l’entretien,

–      Identification de la personne interrogée,

–      Instructions destinées à l’enquêteur  et textes de liaison,

–      Corps du questionnaire:

  • Des questions ouvertes
  • Des questions fermées

–      Avec graduation

–      Sans graduation

–      Avec réponses binaires

  • Des questions semi-ouvertes

Un questionnaire doit toujours être testé avant d’être appliqué en situation réelle.

4/ Élaboration du plan de sondage

  • Choix de la méthode d’échantillonnage
  • Constitution de la base de sondage
  • Étude détaillée d’une méthode d’échantillonnage

–      Tirage d’un certain nombre d’ilots nécessaires

–      Tirage de certains logements dans les ilots retenus

–      Tirage des individus à l’intérieur des logements 

5/ Collecte des données

  • Méthodes de recueil de l’information
  • Aspects opérationnels

–      Relations publiques

–      Investigation d’un ilot

–      Conduite à tenir devant un refus ou de logement vacant

–      Contrôle de la qualité du travail des enquêteurs .

6/ Exploration des données 

  • Codage et saisie
  • Validité des données recueillies
  • Analyse
  • Rédaction du rapport et diffusion des résultats

principaux types d’enquêtes

A-Selon les objectifs

*Les enquêtes descriptives

    décrivent les phénomènes de santé, la fréquence et la répartition des maladies.

*Les enquêtes étiologiques (ou analytiques)

     ont pour objet l’étude des causes des maladies et cherchent à mettre en évidence soit un lien de causalité (recherche à visée explicative), soit une association, un lien statistique entre un facteur et une maladie (recherche à visée pragmatique).

*Les enquêtes évaluatives (ou expérimentales)

     s’attachent à évaluer l’efficacité d’une thérapeutique (essai thérapeutique) ou les résultats des actions et des interventions dans le domaine de la santé (campagne de vaccination, programme de dépistage).

B-selon la procédure employée

* Dans les études d’observation,

   l’investigateur observe l’apparition de phénomènes morbides dans la population étudiée.

* Dans les études d’intervention,

   l’investigateur intervient sur la population en choisissant d’exposer ou non des personnes à une nouvelle thérapeutique (dans le cadre d’un essai clinique par exemple) ou à une politique de soins.

C-Selon la population étudiée

* Les études exhaustives

   portent sur la totalité de la population étudiée (par exemple, l’enregistrement des décès, l’étude sur toute la population d’une ville de la prévalence d’une pathologie).

* Les études par échantillonnage,

   au contraire, vont étudier une partie de la population source.

D-Selon la durée de l’enquête

* Les études transversales

    se caractérisent par des investigations de courte durée. Elles donnent une image « instantanée », à un moment donné, d’une situation sanitaire ou d’un phénomène de santé,

     exemple: l’enquête « un jour donné » de prévalence des infections nosocomiales dans un service hospitalier).

* Les études longitudinales

    se caractérisent par des investigations répétées, prolongées dans le temps, auprès d’une population définie. Les études longitudinales reposent souvent sur l’observation et le suivi de cohorte.

    Les études permanentes sont des études longitudinales qui se poursuivent de façon indéfinie (registre des cancers, par exemple).

E-Selon la chronologie de l’enquéte

*Enquêtes rétrospectives :

   Lorsque l’enquête est conduite, l’événement recherché s’est déjà produit. On recherche donc l’information dans le « passé » soit en interrogeant les sujets (anamnèse) soit à partir de document comme un dossier clinique.

*Enquêtes prospectives :

   Lorsqu’on met en place l’enquête l’événement ne s’est pas encore produit. C’est la surveillance de la population qui permet l’enregistrement des événements.

F-Selon l’élément de départ (l’exposition)

*L’enquête cas-témoins :

     l’élément de départ est l’issueen suite on cherche l’exposition

     c’est une enquête rétrospective où on compare la fréquence d’un facteur dans les antécédents de deux groupes : un groupe de « cas » présentant l’affection étudiée et un groupe de témoins indemnes de cette affection.

*Les enquêtes de cohorte :

     l’élément de départ est l’expositionen suite on cherche l’issue

     elles consistent à étudier l’apparition de maladies au cours du temps au sein d’une population ou d’un groupe d’individus.

     il est possible de définir deux groupes d’individus. Il s’agit des enquêtes « exposés-non exposés » comprenant un groupe de sujets non exposés au facteur de risque étudié et un groupe de sujets exposés au facteur de risque. Pour l’un et l’autre groupe, l’incidence des pathologies est observée, analysée et comparée.

Approche à l’investigation des épidémies

 1-Caractéristiques d’une investigation

Urgence de santé publique exigeant:

–      Une explication rapide

–      Une prise de décision appropriée

–      L’instauration de mesures de contrôle efficaces

Répondre à un problème de santé urgent en s’appuyant sur une démarche scientifique:

–      Collecte d’informations de bonne qualité

–      L’analyse des données sur le terrain

–      La formulation des recommandations

           2-Pourquoi enquêter ?

  • Enrayer la propagation du phénomène
  • Prévenir la survenue de nouveaux épisodes
  • Augmenter les connaissances sur la maladie
  • Évaluer la qualité du système (alerte), mettre en place un nouveau système
  • Enseigner et apprendre l’épidémiologie sur le terrain

               3-Objectifs spécifiques de l'investigation

  • Identifier l'agent causal
  • Localiser la source
  • Déterminer le mode de transmission ou le véhicule
  • Identifier la population à risque
  • Déterminer les facteurs de risque de la maladie

               4-Nature rétrospective de l'enquête

  • L'épidémie existe depuis plusieurs jours,  semaines, mois
  • Compter sur la mémoire des gens
  • Données déjà collectées, les utiliser ou pas ?

Jamais trop tard, mais plus difficile

                 5-Préparation de l’investigation

  • Étape importante pour le bon déroulement de l’enquête
  • Informations préliminaires dont on dispose
  • Identification et information des partenaires
  • Autorisations officielles
  • Composition de l’équipe d’investigation
  • Documentation
  • Matériel nécessaire

          6-Investigation épidémique: 10 étapes

Phase descriptive

-Affirmer l’épisode épidémique

-Confirmer le diagnostic

-Définir et compter les cas

-Décrire l’épidémie dans ses composantes spatio-temporelles: TLP

          Phase analytique

-Formuler des hypothèses

-Tester les hypothèses

-Les confronter aux faits observés

-Réaliser des études complémentaires

-Préparer le rapport

-Proposer les mesures de contrôle et de prévention

INVESTIGATION EPIDEMIQUE:  10 ETAPES

  • L'ordre donné à ces étapes est une séquence de la logique
  • L’ordre peut différer selon les épisodes et les investigateurs
  •  En pratique plusieurs étapes sont menées simultanément

Répétition des étapes suivantes :

Assembler et organiser les données disponibles de façon qu'elles puissent être analysées 

Tirer les conclusions nécessaires de ces informations 

Assembler ces conclusions sous forme d'hypothèses 

dentifier d'autres informations nécessaires pour tester les hypothèses formulées 

Rassembler ces informations et tester les hypothèses 

1.Affirmer l’existence de l’épidémie

Observation de nombre de cas supérieur au nombre de cas attendu: même période, même population et même lieu

En cas de système de surveillance: dépassement du seuil épidémique

En cas de maladie rare: survenue d'un nombre de cas manifestement élevé

2.Attention aux artefacts !

Variations saisonnières

Changement du système de surveillance: définition de cas, mode de collecte…

L'amélioration des techniques de dépistage ou de diagnostic

Augmentation de la population

3.Confirmer le diagnostic

Vérifier la réalité du phénomène avec les spécialistes

–      S'assurer de la cohérence des symptômes entre malades

–      Confirmer le diagnostic clinique à l ’aide de techniques de laboratoire:

Tous les cas n’ont pas besoin d ’être confirmés (10 à 20%)

4.Définition de cas

Etape fondamentale: outil pour le décompte des cas

Un cas est défini par des critères qui:

–      Résument une symptomatologie clinique et biologique

–      Déterminent l'appartenance à une population donnée en terme et de temps

5.Définition de cas

Les critères clinico-biologiques doivent:

  • Comporter une association de plusieurs signes
  • Être précis:

–      Quantifier l'intensité des signes cliniques

–      Fixer un seuil pour les signes biologiques

  • Être clairs: utiliser des opérateurs logiques (et, ou, absence de…)
  • Porter sur la maladie et non l'exposition

Les Critères temps - lieu - personne:

  • Limites temporelles: à partir d'une date précise, en amont du début de l'évènement
  • Limites territoriales: zone géographique de recherche des cas:

–      déterminée en fonction de l'origine des premiers cas

–      suffisamment vaste pour retrouver tous les cas

Qualités d’une définition de cas

–      Faisabilité:

  • simple,claire et précise
  • Peut être utilisée par tous les membre de l ’équipe

–      Sensibilité:

  • permet de retrouver le plus grand nombre de cas
  • Inconvénient: Inclure des faux cas (définition trop sensible)

–      Spécificité:

  • Permet d'affirmer avec une plus grande certitude que le cas est un vrai malade
  • Inconvénient: exclure des vrais cas (définition trop spécifique).

Souvent plusieurs niveaux de certitude:

–      Cas certain: isolement de l ’agent causal, test sérologiques spécifiques (spécifique)

–      Cas probables: faisceau de présomption(définition intermédiaire).

–      Cas possibles ou indéterminés (sensible)

Analyse: éliminer les cas douteux

6.Collecte des données:compter les cas

Recherche active des cas auprès des structures de santé: hôpitaux, centres de santé, laboratoires, médecins privés…

Données à recueillir:

–      Données d'identification: âge, sexe, adresse, etc.

–      Données cliniques et biologiques

–      Données temporelles: date de début des signes

–      Toutes les informations jugées utiles

7.Décrire l’épidémie

  • C’est l’étape de l’épidémiologie descriptive
  • Organiser les données collectées en terme de:

–      Temps

–      Lieu

–      Personnes

 

 

                 Pic                                                               Fin                           Cas aberrants                          

 

                                 Début                                              

Examiner:

  • La date de début
  • La date de fin
  • La présence de cas aberrants
  • La durée totale de l'épidémie
  • Le ou les Pics
  • L'allure générale de la courbe

L’allure générale de la courbe épidémique peut renseigner sur la nature de la source:

  • Source ponctuelle:

–      Courbe uni modale

–      Ascension rapide, décroissance lente

–      Possibilité de situer la période d'exposition

  • Source persistante: ascension rapide suivie de plateau
  • Transmission de personne à personne: plusieurs vagues

Décrire l ’épidémie: Lieu

Distribution géographique des cas:

–      Lieu de résidence

–      Lieu de travail

–      Lieu d ’autres activités: repas, loisir

Collectivité fermée (écoles, internats, prison, etc.): distribution des cas par chambres, cellules …

Représentation des cas sur une carte: visualiser des foyers épidémiques (concentration des cas)

  • L'identification de foyers est en faveur d'une source commune
  • Décrire l ’épidémie: Lieu

Quels sont les taux d ’attaque spécifiques dans chaque lieu ?

La distribution géographique des cas ou des taux d ’attaque permet d ’identifier des zones à haut risque

  • Décrire l’épidémie:
    caractéristiques individuelles

Décrire les cas selon:

–      L’âge, le sexe, l ’état matrimonial, etc.

–      Informations utiles pour dresser le profil des cas

Déterminer les dénominateurs

Calculer les taux d ’attaques spécifiques de chaque catégorie

Comparer les taux d’attaques pour déterminer les personnes à risque

8.Formuler des hypothèses

Expliquant l’exposition spécifique présumée

En se basant sur:

–      Les symptômes cliniques

–      La connaissance de la maladie

–      L’aspect de la courbe épidémique: source

–      La différence des taux d ’attaque ( groupes à risque, lieux à risque).

Une ou plusieurs hypothèses seront émises sur :

  • La source de l'épidémie
  • Le véhicule
  • Les modes de transmission
  • Les facteurs favorisant la transmission


Enquête exploratoire

  • Rechercher ou argumenter une hypothèse
  • Interroger quelques cas : questionnaire ouvert et complet, exposition en commun ?

9.Tester les hypothèses

  • C’est l’étape de l’épidémiologie analytique:

–      comparaison  entre cas et témoins

–      exposés et non exposes

  • 2 types d’études épidémiologiques:

–      Cas témoins

–      Cohorte

Cas témoin

  • Comparaison d ’un groupe de cas et de témoins concernant leur exposition à un facteur de risque.
  • Comparer la fréquence d ’exposition chez les cas et celle chez les non cas (témoins)

cohorte

  • En cas de population circonscrite (collectivité fermée)
  • Collecter les données sur tous les sujets ou échantillon aléatoire
  • Comparaison du taux d ’attaque chez les exposés et chez les non exposés

10.Comparer l'hypothèse retenue avec les faits observés

  • Confronter les résultats des:

–      Observations cliniques

–      Examens biologiques

–      Etudes épidémiologiques

–      Tests statistiques

  • Les hypothèses doivent:

–      Être plausibles et biologiquement acceptables

–      Expliquer:

  • l ’agent causal,
  • la source
  • Le mode de transmission
  • Des études plus approfondies sont parfois nécessaires :

–      Si la première étude a porté sur un nombre limité de cas: rechercher tous les cas

–      Utiliser une définition de cas plus spécifique

  • La deuxième enquête peut:

–      Préciser le mode de transmission, le véhicule et la dose infestante

–      Permettre de mieux définir les groupes à risque

–      Permettre d’améliorer la qualité des numérateurs et des dénominateurs utilisés (taux)

  • Rédaction du rapport d ’investigation
  • Permet de :

–      documenter l’investigation, ses résultats

–      propose des recommandations

  • Pousse les autorités locales à entreprendre les mesures de lutte et de préventions
  • Outil pour l’enseignement de l’épidémiologie
  • Référence pour des investigations ultérieures
  • Mettre en place des mesures de lutte et de contrôle
  • Ne pas attendre la fin de l'investigation :

–      Mesures générales au début

–      spécifiques selon les résultats

  • Types de Mesures pour contrôler :

–      la source (ex : chloration de l’eau)

–      la transmission (ex : mesures d’hygiène)

–      le véhicule (ex : retirer un produit)

–      diminuer la susceptibilité de l’hôte (ex : vaccination)

  • Mettre en place des mesures de lutte et de contrôle
  • Ne pas établir des mesures arbitraires
  • Vérifier en permanence l’efficacité des stratégies et moyens de contrôle entrepris
  • Conclusion

L’investigation d ’un épisode épidémique:

  • Fournit des solutions rapides
  • Fournit des arguments pour identifier la cause (source, véhicule)
  • Oriente l’intervention même si la cause n’est pas identifiée

Mesures en épidémiologie

RATIO

                C'est le rapport des fréquences de deux classes d'une même variable, où le numérateur n'est pas compris dans le dénominateur.                                X

                               Ratio  =        ------    ou    X : Y

                                                                Y

PROPORTION

                C'est un rapport où le numérateur est compris dans le dénominateur. Il est exprimé généralement en pourcentage.

                                                                    A

                               Proportion  =  -----------   x 100

                                                                  A + B

 

TAUX

                C'est une forme particulière de proportion qui renferme la notion de TEMPS. Il exprime la VITESSE de changement d'un phénomène dans le temps.

                                  Nombre de cas survenus au cours d'une période donnée 

Taux =  ----- --------------------------------------------------------------------------   x   10a

                                        Population à risque au cours de la même période

INDICE :

          C'est un type de ratio où le numérateur et le dénominateur référent à des événements différents. Il est utilisé quand le dénominateur nécessaire pour une proportion ou un taux ne peut pas être correctement mesuré.

                L'exemple type est ce qui est improprement appelé "Taux de Mortalité

                Maternelle" (TMM), mais qui est en réalité un indice de MM:

                         Nombre de décès maternels au cours d'une année

       -------------------------------------------------------------------------------------

                Nombre de naissances vivantes déclarées au cours de la même année

 

MESURES DE PREVALENCE

                La Prévalence (P) : c'est la fréquence des CAS EXISTANTS d'une maladie dans une population donnée à un MOMENT DONNÉ.

         Nombre de cas existant dans une population à un moment donné

P = -------------------------------------------------------------------------------------------  x 10a

                                               Population totale à risque au même moment

                La prévalence n'est pas un taux, c'est UNE PROPORTION. Elle n'exprime pas la vitesse de changement de la fréquence de la maladie dans le temps.

               

                Ainsi, l'expression "TAUX DE PREVALENCE" est un abus d'usage qu’il faut éviter.

MESURES D'INCIDENCE

                L’incidence : c'est le nombre de NOUVEAUX CAS SURVENUS dans une population à risque durant un INTERVALLE DE TEMPS DONNE.

                Il y a deux mesures relatives à l'incidence :

1- L'incidence cumulée ou cumulative (IC)       

                C'est la PROPORTION des personnes qui deviennent malades au cours d'une période déterminée. Autrement dit, c'est la probabilité (le risque) qu'un sujet sain, à risque pour faire une maladie, devienne malade durant un intervalle de temps donné.

           Nombre de nouveaux cas survenu pendant une période donnée

IC =  ----------------------------------------------------------------------------------------- x 10a

                                 Nombre de personnes à risque au cours de cette période

               

                               L’"incidence cumulée" est dite aussi "incidence"

2- Le Taux d'incidence TI = Densité d’incidence (DI)    

                C'est la VITESSE de propagation de la maladie dans une population exposée au cours d'un intervalle de temps donné.

                C'est une mesure du taux instantané du développement de la maladie dans une population. Elle permet de mesurer l'incidence en fonction de la durée d'observation de chaque individu.

                          Nombre de nouveaux cas survenu pendant une période donnée

TI = DI =   -----------------------------------------------------------------------------------------

                                                               Total PERSONNE-TEMPS d'observation

                Le terme "personne-temps" représente la durée de temps durant laquelle une personne à risque a été suivie avant de devenir malade ou de n'être plus sous surveillance (décédée ou perdue de vue ...)

 

Méthode des personnes-années

  • Pour chaque personne exposée, on comptabilise le nb d’années (ou d’unités de temps) pendant lesquelles elle a été exposée et suivie jusqu’à la survenue de l’affection, du décès, de la perte de vue ou de la fin du suivi.
  • Poids différent de chaque personne selon son temps de participation exact

LES TAUX D'ATTAQUE

               1- Taux d'attaque

               C'est une mesure de l'incidence cumulée pour un intervalle de temps très court, utilisé principalement au cours des épidémies.

               C'est le rapport entre le nombre de personnes ayant contracté une maladie et le nombre de personnes qui étaient à risque (exposées au risque).

               2- Taux d'attaque secondaire

               C'est le nombre de cas survenus parmi les sujets contacts des cas primaires rapporté au nombre total des sujets contacts.

3- Taux d'attaque spécifique

               C'est un taux d'attaque propre à chaque sous-groupe des personnes exposées, telle que, en fonction des caractéristiques de personne ou de lieu..

  TAUX DE LETALITE  (TL)

               C'est la Proportion des décès parmi les sujets atteints d'une maladie spécifique au cours d'une période donnée.

                               Nombre de décès par une maladie au cours d'une période donnée

TL =  ------------------------------------------------------------------------------------------ x 10a                      Nombre total des malades pendant la même période

 

TAUX DE MORTALITE  

               1- Taux brut de mortalité (TBM)

               C'est la proportion de décès dans une population pendant une période définie. C’est un "mauvais" indicateur

                                               Nombre de décès durant une période donnée

TBM =  --------------------------------------------------------------------------  x 10a

                                   Effectif moyen de la population pendant la même période

               2- Taux spécifique de mortalité (TSM)

               C'est la proportion de décès spécifique à un sous-groupe de la population

              

                               Nombre décès dans un sous-groupe durant une période donnée

 TSM = -------------------------------------------------------------------------------  x  10a

                                  Effectif du même sous-groupe au milieu de la même période

3- Taux proportionnel de mortalité (TPM)

               C'est le nombre de décès par une cause donnée durant une période déterminée sur le nombre total de décès durant la même période.

4- Taux de mortalité standardisé (TMS)

              

               C’est le meilleur indicateur pour comparer la mortalité durant une même période chez deux populations différentes, ou la mortalité de la même population à des périodes différentes.

1- Indice ou ratio de mortalité maternelle (IMM ou RMM)

                               Improprement dit "Taux de mortalité maternelle"  

                 Nbr de décès de femmes par cause de grossesse pendant l’année

IMM =   -------------------------------------------------------------------------------- x 100 000

                                   Nombre de naissances vivantes pendant la même année

2- Taux de mortalité fœtale tardive ou de mortinatalité ou de mortalité intra-utérine (TMFT)

               La mort fœtale tardive est le décès intra-utérin à partir de la 28ème semaine de la gestation

                Nombre d’enfants nés sans signe de vie (mort-nés) pendant l’année

TMFT =   ---------------------------------------------------------------------------------  x  1000

                               Nombre total de naissances (vivants et mort-nés) pendant l’année

3- Taux de mortalité périnatale (TMPN)

                                                                 Nombre de mort-nés

                                + nombre de décès au cours des 7 premiers jours de la vie,

                                                                     pendant l’année

 TMPN =   -------------------------------------------------------------------------  x  1000

                               Nombre de naissances (vivants et mort-nés) pendant l’année

4- Taux de mortalité néonatale (TMNN)

                                                     Nombre d’enfants décédés

                                               au cours de leurs 28 premiers jours de vie,

                                                              pendant l’année

 TMNN =   -------------------------------------------------------------------------  x  1000

               Nombre de naissances vivantes pendant l’année

 

5- Taux de mortalité infantile (TMI)

                  C’est un des meilleurs indicateurs

                               Nombre d’enfants décédés avant l’âge d’un an, pendant l’année

 TMI =   -----------------------------------------------------------------------------  x 1000

                                               Nombre de naissances vivantes pendant l’année

 

6- Taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans (TM<5 ans)

                                                              Nombre d’enfants décédés

                                                     avant l’âge de 5 ans, pendant l’année

 TM<5 ans =   --------------------------------------------------------------------  x  1000

                                               Nombre moyen d’enfants âgés de moins de 5 ans,

                                                                               pendant l’année

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mesures de distribution

CARACTERISTIQUE DE PERSONNES

  •  La distribution des phénomènes de santé selon les caractéristiques de personnes permet d'identifier les sous-groupes de la population qui sont à haut risque.
  • Les personnes peuvent être caractérisées selon un grand nombre de variables (endogènes ou exogènes) :

–      Age

–      Sexe

–      Profession

–      Etat matrimonial

–      Classe sociale

–      Ethnie / race

–      Autres: nombre de personnes vivant dans le même foyer,statut immunitaire, Ordre de naissance dans la fratrie, âge de la mère à la naissance,

CARACTERISTIQUES DE LIEU

 

–      La fréquence des maladies est étroitement liée au lieu, ce qui permet d'identifier les zones à haut risque. La variable lieu peut être définie en terme de :

–      sa nature urbaine ou rurale,

–      sa situation géographique (plaine, montagnes ...),

–      ses limites naturelles (rivière, océan, désert ...),

–      ses limites administratives (pays, province, commune, quartier ...),

–      son environnement physique et biologique (pollué ou non, nature du biotope),

–      son environnement politique (guerres, migration ...).

CARACTERISTIQUES DE TEMPS

  • La description des données selon le temps permet de savoir quand la maladie survient de façon importante (périodes de haut risque, ou de transmission) et quand elle est rare ou inexistante.
  • Trois grands types de changements des phénomènes de masse dans le temps :

–      Tendances séculaires: Ce sont des variations sur une longue période, des décennies, ou des générations;

–      Variations périodiques: changements cycliques selon les mois, les saisons, ou les années;

–      Variations non périodiques: C'est le regroupement ou l'apparition de plusieurs cas similaires dans une région donnée et à des points isolés dans le temps. Ce sont généralement des épidémies. Parfois, ces variations non périodiques concordent avec des catastrophes naturelles.