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LEISHMANIOSES

Les leishmanioses

I) Définition

Les leishmanioses sont des affections dues à des protozoaires : les leishmanies ; elles sont communesà l’homme et certains animaux. Et transmises à l’homme par l’intermédiaire des insectes : les phlébotomes.  Au Maroc, ils existent 3 espèces de leishmanies, chacun donne  une forme de leishmaniose distincte:

-     Les leishmanioses cutanées due à leishmania  tropica et leishmania major et exceptionnellement  leishmania infantum.

-    Les leishmanioses viscérales (Kala -Azar) dues à  leishmania Infantum.

II) Epidémiologie

La leishmaniose est une maladie très fréquente dans le monde, répartie sur les quatre continents : Afrique, Amérique, Asie et Europe. Endémique dans les régions tropicales et subtropicales dans 88 pays, elle affecte de très nombreuses espèces de mammifères, dont l’homme.
           La leishmaniose touche environ 12 millions d’individus, 2 millions de cas apparaissent chaque année et 350 millions d’individus sont à risque, selon les données de l’OMS datées de 1998. L’Afrique est la plus touchée, en particulier le Maroc, l’Algérie, le Soudan, la Tunisie, l’Ouganda, le Kenya, l’Éthiopie.

Au maroc ;  la leishmaniose continue à poser un problème de santé publique. Le bilan des cas déclarés en 2006, selon la D.E.L.M du ministère de la santé publique est le suivant : 78 nouveaux cas à Semara, 857 à Sous-Massa-Deraa, 71 à El-Gharb-Chaouia, 441 à Marrakech-El Haouz et 793 à la région orientale. Ces chiffres alarmants interpellent les autorités sanitaires à condenser leurs efforts de lutte contre cette maladie vectorielle.

III) Cycle évolutif du parasite et mode de contamination

Le phlébotome s'infeste lors de son repas en sang en piquant un hôte qui est aussi bien un homme ou un animal (les chiens et les rongeurs sauvages) il absorbe ainsi les cellules parasitées. Les leishmanies sont des protozoaires flagellés lesquels envahissent des cellules appelées macrophages. Pendant la phase tissulaire, chez le vecteur ou lors d’inoculation, il est promastigotes (forme mobile ; 25 µm de long). Ils pénètrent à l’organisme de l’hote, pendant sa phase intracellulaire (à l’intérieur des macrophages), ils se divisent en amastigotes (immobile, 1 µm de diamètre), a ce moment ils se multiplient par scissiparité dans les macrophages qu'elles distendent. Les macrophages hôtes finissent par éclater, libérant les parasites qui pénètrent aussitôt dans de nouvelles cellules. Ces amastigotes vont être absorbé par le moustique pour se transformer en promastigotes.   

 

L’espèce leishmanienne qui peut être dermotrope ( L .tropica, L. Major) donnant la leishmaniose cutanée ou  viscérotrope (L infantum) pour la leishmaniose viscerale.

 

Schéma du cycle évolutif de la maladie

 

IV) Description de la leishmaniose maladie

 

1) Leishmaniose viscérale

La forme viscérale de la leishmaniose est une hyperplasie histio-monocytaire atteignant la rate, la moelle  osseuse, les ganglions lymphatiques, le foie et parfois la muqueuse du grêle.  Que après son inoculation le parasite infecte ces organes. Au Maroc, elle est causée par L. infantum, et touche souvent les enfants de moins de 10 ans. Il représente la forme la plus sévère car elle est mortelle.  

1.1. Les singes cliniques

La période d’incubation est silencieuse et varie entre 6 mois. La phase du début caractérisée par  surtout la fièvre, un amaigrissement, de la pâleur.

La phase d’état s‘installe au plus tard un mois après la période d’incubation. Elle associe :

* un syndrome général qui se caractérise par une fièvre constante rebelle aux TTT habituels, une pâleur extrême traduisant l’anémie et un amaigrissement marqué au niveau du thorax et les membres, avec une augmentation du volume du thorax.                               

* syndrome hépato-spléno-ganglionnaire caractérisé par une augmentation du volume de la rate et du foie ressentie à la palpation, sans ictère ni ascite. Et  des adénopathies indolores, superficielles ou profondes notamment médiastinales.

Ce tableau clinique peut être associé avec des diarrhées et des syndromes hémorragiques. L’évolution de la maladie en dehors du TTT est mortelle suite à un problème surajouter (infection bactérienne,  hémorragie  diarrhée).  

1.2. Diagnostic

Le diagnostic cliniqueest difficile avec l’existence d’autres diagnostics différentiels.          Les examens  biologiques:  

            * hémogramme qui montre une insuffisance médullaire: une leucopénie, une anémie normochrome , unelégère thrombopenie et une VS accélérée.

            * les tests sérologiques : positifs  ( ELISA et DAT)

Le diagnostic de certitude : consiste en la mise en évidence des leishmanies dans la moelle osseuse. Et après culture spécifie le type leishmanie. Et dans certain cas après une ponction biopsie hépatique ou de l’intestin.  

1.3. Prise en charge thérapeutique

* Le TTT repose sur l’administration de l’antimoine pentavalent (Glucantime*) sous forme injectable en IM à raison de 20 mg/Kg de poids pendant 20 jours à 1 mois.

La surveillance du malade en prés et per-therapeutique consiste en des bilans hépatiques, rénaux et pancréatiques, l’hémogramme et ECG (évaluation de la tolérance pancréatique, cardiaque, rénale et hépatique). 

La guérison est affirmée par la régression des signes cliniques et biologiques (hémogramme). 

 

* En cas d’échec a ce TTT, une cure a base du Fungizone*  en IVD à raison de 1mg/Kg de poids une fois sur 2 jours. L’arrêt de ce TTT dépend de l’amélioration des signes clinique.

-Au cours des perfusions des complications peuvent apparaître à savoir : des frissons un malaise troubles digestifs, un choc anaphylactique, un collapsus et des convulsions.  

-Au cours duTTT une néphrotoxicité, irritation des veines perfusées et toxicité hématologique (des globules et des plaquettes)

Sous l’effet du TTT les signes cliniques régressent progressivement et le parasite disparaît   après quelques semaines. 

 

2) les leishmanioses cutanées

Les manifestations cliniques des leishmanioses cutanées diffèrent selon l’espèce et la région infectée. Elles varient de petites lésions à de larges ulcères de la peau localisés à l’endroit de la piqûre. Au Maroc, la forme cutanée de la leishmaniose peut être causée par 3 espèces des leishmanies : L. major, L. tropica, et exceptionnellement  L. infantum.

2.1. la leishmaniose antroponotique

Cette forme dite sèche, elle est due à L. tropica  et se trouve surtout dans les zones semi-arides. La période d’incubation varie entre 20 jours à 7 mois. La période du début, une caractérisée par l’apparition d’une papule au point de la piqûre, elle est généralement unique, mais parfois sont nombreuses. Cette papule persiste, s’accroît, se recouvre de fines squames et repose sur une base infiltrée. Les parties atteintes sont des zones découvertes du corps ( face, mains , avants-bras, pieds).

La phase d’état se caractérise par une ulcération du centre de la papule avec libération d’un liquide jaunâtre qui devient une croûte couvrant la lésion. La lésion s’agrandit pour atteindre plusieurs cm de diamètre. Sous la croûte on trouve un caractère peu profond, à bord taillé reposant sur une induration, et sans formation d’adénopathie satellites. 

L’évolution se fait  vers une guérison lente, la cicatrisation laisse au point ulcéré une cicatrice éternelle.

2.2. La leishmaniose zoonotique

Elle est due à L.major, elle évolue rapidement, se caractérise par de multiples lésions creuses, inflammatoires et de grandes tailles. 

La phase d’incubation est de 10 à 45 jours après les piqûres (courte). Au début, au niveau du point de piqûre une papule non ulcérée apparaît. A la période d’état, la papule s’ulcère et s’agrandit qui peut atteindre 8 cm de diamètre. Cette ulcération prend soit la forme d’un creux à bords taillé et à fond bourgeonnant, soit la forme d’une lésion fungiforme et surélevée. Cet ulcère est indolore au palper et repose sur une base indurée avec formation d’adénopathie satellite.       

La cicatrisation de cet ulcère est dans un délai de moins de 6 mois. Elle laisse  une cicatrice de grande taille et inesthétique

2.3. Diagnostic des leishmanioses cutanées.

*Le diagnostic cliniquedes leishmanioses cutanées repose sur le caractère indolore et chronique des ulcérations, ainsi que leur sièges dans  leszonesdécouvertes de l’organisme. En pratique,  toute personne ayant séjourné ou habitant en zone d’endémie présentant une lésion de plus de 2 semaines doit être suspect d’une leishmaniose cutanée.     

* Le diagnostic parasitologique direct c’est le diagnostic de certitude qui repose sur la mise en évidence des leishmanies dans un prélèvement cutanée après :

-Raclage avec un vaccinostyle des parties infiltrées des lésions loin des zones infectées, puis réalisation d’un frottis pour examen direct ou culture.

-Biopsie cutanée qui est indiquée lorsque les lésions papulaires non ulcérées, elle consiste à faire des fragments des nodules sur lames ou pour culture.

* Immunodiagnostic.

-IDR à la leishmanine ( de montenegro) qui n’a pas de grande valeur diagnostique

-Les test sérologiques : IFI, ELISA, DAT…..

 

2.4. Prise en charge thérapeutique des leishmanioses cutanées

 

Plusieurs méthodes thérapeutiques  sont utilisées :

  • L’abstention thérapeutique de médicament spécifique est indiquée en cas des lésions uniques. la prise ne charge thérapeutique  consiste en des soins locaux par des antiseptiques et/ ou des ATB locaux.   
  • Injection intra-lesionnelle de glucantime. Elle est indispensable en cas de lésions multiples ou uniques siégeant au niveau du visage. Elle consiste en des infiltrations du glucantime au pourtour de la lésion sur une peau saine.  Cette cure sera répétée 2 fois par semaine jusqu'à guérison complète généralement obtenue en 3 à 4 semaines.
  • Le traitement général. (idem que la leishmaniose viscérale) il est réservé exceptionnellement aux seuls cas présentant des lésions extensives notamment au niveau du visage. 

 

 

Programme de lutte contre les leishmanioses

 

I) Considérations eco-epidemiologiques

L’approche eco-epidemiologique permet une compréhension à double dimension aussi bien écologique que epidemiologique des leishmanioses. Cette approche a l’avantage de mieux conditionner les actions de lutte contre les leishmanioses.    

 

1) La leishmaniose viscérale : Elle est due à L.infantum  dont le principal vecteur est Plebotomus perniciosus, et le réservoir du parasite est le chien. Ce type de leishmaniose se trouve localisé au niveau du Rif et du pré-Rif (Nador, Al Hoceima, Tétouan, Taza, Taounate, Sidi-Kacem, Fès et Meknès).  

 

2) la leishmaniose cutanée à L. Major: Elle localisée dans un macro-foyer s’étendant de la cote atlantique au sud de l’anti-atlas jusqu’à la région d’Oujda en passant par les zones sahariennes et des palmeraies au sud du Haut de l’anti-Atlas et à l’est du Moyen Atlas. Dans ce foyer, la leishmaniose évolue en petites épidémies localisées, dont les cas sont enregistrés entre  l’été et la fin l’automne. Après cet épisode épidémique, une accalmie s’installe, la population autochtone étant protégée par une immunité acquise. Le vecteur de ce type de leishmaniose est le Phlebotomus papatasi. La transmission à l’homme se fait à partir d’un réservoir gerbillidé dit : Meriones shawi. Ce dernier vit dans les palmeraies en contact avec l’homme, son développement est favorisé par accumulation des ordures ménagères à proximité des habitations.     

3) la leishmaniose cutanée à L.tropica : Ce type sévit dans les zones semi-arides du pays le long d’un plateau associant les provinces de Beni-mellal, Azilal, Marrakech, El Kalaa, Essaouira et Agadir. Dans ces régions, la maladie s’observe dans des douars situés entre 400 et 1000 mètres d’altitude. Dans ce biotope, la maladie évolue sous forme de petites épidémies avec un nombre limité de cas. Le vecteur de cette forme de leishmaniose est le Plebotomus sergenti et le réservoir de virus est l’home.  L’infestation débute en milieu de l’été et atteint son maximum au début de l’automne.

D’après ces données, au Maroc la leishmaniose se présente en trois entités distinctes de points de vue : (a) symptomatologie clinique,(b) l’espèce leishmanien , (c) le réservoir de virus, (d) les saisons de transmission et (e) les zones géographique de transmissions. Ces données conduisent les actions à entreprendre pour lutter contre le parasite. Généralement, ces actions sont motivées par le risque leishmanien.  

Ce risque peut entre défini selon trois modalités à savoir : (a) Zone à risque qui sont délimitées sur la base des densités vectorielles, (b) Période à risque qui est exprimée selon un rythme pluriannuel ou saisonnier et (c) Population à risque qui est définie par un état de réceptivité (migrant, enfant, profession à risque).    

II) Objectifs et Axes stratégiques du programme de lutte contre les leishmanioses

1) objectifs

  • Arrêter la transmission des leishmanioses cutanées au niveau de tous les foyers actifs;
  • Eviter l’extension de ces leishmanioses à d’autres zones à risque par des mesures de prévention;
  • Prise en charge précoce de la leishmaniose viscérale.

2) Axes stratégiques

  • Dépistage et traitement précoce
  • Action de lutte contre le vecteur ;
  • Action de lutte  contre le réservoir animal ;
  • IEC
  • Collaboration intersectorielle

III) Actions sur le parasite

1) la leishmaniose viscérale

1.1. Action chez l’homme

            a) le dépistage actif ou passif.  En zone d’endémie le personnel infirmier doit suspecter  la leishmaniose viscérale devant un tableau clinique associant la fièvre, la pâleur, un amaigrissement, une hépato-splénomegalie ,enfant ou l’adulte jeune. Tout suspect qui présente ce tableau clinique doit être examiné par un médecin, puis référé vers un hôpital pour investigation et TTT anti-leishmaniose si nécessaire.      

            b) l’enquête épidémiologique. Son objectif est de déterminer l’origine probable de l’infection. Elle est organisée en collaboration avec les services vétérinaires, et doit être réalisé:(a) chez les populations cibles (la famille et l’entourage), (b)dans les zones appartenant à une même strate à risque et (c) à la suite de déclaration de nouveaux cas dans une région jusqu'à là intact.  

            c) les activités d’ IEC. Qui sont basées sur la communication aussi bien interpersonnelle que de masse. Et qui consiste à éduquer les populations exposées pour une meilleure connaissance de la maladie, sa transmission et les moyens de prévention.   

1.2. Action sur le réservoir de parasites animal   

            a) dépistage. le chien qui présente les signes suivants : des alopécies accompagnées de desquamation, des ulcérations de la truffe (nez) , de la région genito-anale et entre les doigts, adénopathie poplitée  et la splénomégalie est suspect de leishmaniose. Il constitue ainsi une source de contamination pour l’homme.    

            b) élimination ou traitement. Deux éventualités s’imposent : (a) Chien errant sans propriétaire : abattage systématique ou (b) chien avec propriétaire : TTT ou abattage.

            c) enquête épidémiologique. Elle n’est pas systématique chez la population canine. Or, des études sero-epidemiologiques peuvent être effectuées. Ces études ont pour intérêt de déterminer la zone à risque et une éventuelle extension géographique de la maladie.   

            d) lutte contre le réservoir canin. Cette activité se fait dans un objectif de contrôler la population canine afin d’éliminer les chiens malades et rompre la chaîne de transmission. Elle consiste en l’abattage des chiens errants dans un cadre intégré de lutte contre les Zoonoses (Echinococcoses, la rage, ..) elle doit être en collaboration avec les autorités locales et les vétérinaires.     

2) les leishmanioses cutanées.

2.1. Activités de surveillance chez l’homme.  

            a) Dépistage. Il est intégré dans l’ensemble des activités des C/S. Ces objectifs  sont :(a) constater l’existence ou l’absence de la maladie, (b) identifier et traiter les malades porteurs de parasites pour assurer un contrôle de la maladie et (c) estimer la prévalence ou l’incidence de la maladie. Son principe est de rechercher le parasite dans le suc dermique après prélèvement cutané (voir fiche technique). Il peut être sélectif passif ou actif ; ou un dépistage de masse au cours d’une enquête autour d’un cas dépisté ou une poussée épidémique. Cependant, l’organisation du dépistage est très importante à considérer à savoir :

            * le dépistage sélectif : il consiste à prélever un échantillon de suc dermique par l’infirmier ou le médecin,  pour chaque malade présentant des lésions cutanées caractéristiques de leishmaniose (lésion sèche ou ulcérée). 

            * le dépistage de masse : il inclut les prélèvements fait dans le cadre d’une enquête autour d’un cas et les prélèvements faits dans le cadre d’une enquête organisée pour estimer la prévalence ou l’incidence de la maladie.  Ils sont assurés par un infirmier chargé de l’enquête epidemiologique  ou une équipe chargé de l’enquête de masse.

            Apres les résultats des examens des prélèvements, vient la prise ne charge thérapeutique des cas confirmés atteints de leishmaniose.

            b) enquête epidemiologique. Il est systématique chaque fois qu’un cas de leishmaniose est dépisté dans une zone considérée comme indemne ou devant un cas isolé. ces objectifs sont : (a) déterminer l’origine probable de l’infection, (b) dépister d’autres cas et éventuellement identifier un foyer de transmission et (c) évaluer la situation epidemiologique, en vue d’entreprendre les mesures correctives qui s’imposent.

            L’enquête se fait au lieu de résidence du malade par un infirmier chef de secteur ou de la circonscription sanitaire, animateur de lutte contre les maladies parasitaires et un technicien de l’hygiène du milieu. L’enquête est guidée par un questionnaire pré-établi. A l’issu de l’enquête et après exploitation des données recueillies on peut déterminer l’origine de l’infestation et donner une classification  du cas qui peut être : (a) cas autochtone : malade réside dans une localité où existent déjà d’autres cas ou connue avec un passé epidemiologique, (b) cas importé : il n’existe pas d’autres cas dans la localité où le malade a été dépisté et que le malade a séjourné probablement dans une zone connue endémique ou    (c) cas non classé : dontl’origine de l’infection n’est pas déterminé ou l’enquête n’est pas effectuée.                             

2.2. Actions sur les rongeurs.

Cette activité entre dans le cadre de la surveillance écologique des rongeurs qui constituent le réservoir de la leishmaniose à L. major. Au Maroc, le mérione shawi est l’hote réservoir de la leishmaniose zoonotique à L. Major. Ce rongeur préfère vivre dans les sols argileux ou sableux et moins fréquemment rocheux. Il s’observe aussi dans les décharges et les dépôts d’ordures. Son besoin d’eau l’oblige à vivre dans les palmeraies. Toutes ces conditions conditionnent sa répartition géographique dans les zones arides entre l’Atlas et L’anti-atlas. Ses terriers consistent en des pieds de buissons de plantes permanentes. 

a) Relevé topographique. Les activités de lutte contre les rongeurs commencent par l’élaboration d’un relevé topographique qui sert à représenter de manière descriptive et graphique les terriers en tant qu’abri potentiel des rongeurs. Il permet aussi de classifier les zones surveillées à :(a) zone à risque : toutes les aires géographiques où vivent des rongeurs réservoirs de parasites et où des antécédents epidemiologiques sont connus, (b) zone à risque potentiel: où il existe des rongeurs susceptibles d’assurer le rôle de réservoir de parasites et (c) zone indemnes : où le risque de contracter la maladie est écarté de par l’absence de réservoir animal et d’antécédents epidémiologiques.  

b) La surveillance mammalogique. Sert pour avoir des données sur la population des rongeurs. La stratégie utilisée pour cette surveillance se base surtout sur l’observation des rongeurs, la capture de ces derniers et l’identification de leurs espèces. (En collaboration avec les vétérinaires)

c) Les mesures de lutte.  Cette lutte pour être : (a) écologique (physique) qui consiste en la destruction des terriers de rongeurs par le labourage des champs infestés et une évacuation hygiénique des ordures ménagères et des excréta au niveau des agglomérations ou (b) chimique qui consiste en l’utilisation d’appâts empoisonnés au sulfate de strychnine au niveau des champs et utilisation d’un anticoagulant à base de brodifacum à 0,005 % sous forme de graines au niveau des agglomérations.

 

 

IV) Actions sur le vecteur

1) Cycle biologique du phlébotome :

 

 

 

 

 

 

 

Schéma : cycle biologique du phlébotome

Le cycle biologique du phlébotome se compose de deux phases distinctes.

            a) phase pré-imagianle (œuf, larve, nymphe)

Le phlébotome femelle pond les oeufs le 1er jour du cycle sur un sol riche en matières organiques. Les œufs pendus deviennent des larves. Ces derniers sont terricoles et sédentaires, elles prennent comme gîtes des lieux calmes, abrités des courant d’air, humides, sombres et riches en matières organiques. Ces gîtes sont constitués essentiellement par les nids d’oiseaux, terriers de micro mammifères et abris d’animaux. Après leur maturation, les larves deviennent des nymphes qui restent dans les mêmes gîtes des larves. La durée de cette phase est 20à 75 jours.

            b) adulte.  

La nymphe devient un adulte. Ce dernier vit dans des gîtes calmes et abrités des courants d’air, proches des gîtes de ponte et proches d’hôtes vertébrés. L’anophèle adulte est casanier   (sédentaire). Sa dispersion est limitée et sa portée de vole est faible n’arrive guère  1 km. Il est actif en crépuscule/nuit. Ses gîtes se composent par les fissures et anfractuosités des murs, crevasses, grottes, terriers… Son période de développement:avril/mai à octobre/novembre. Et seule la femelle est hématophage, son repas du sang dure entre 10 à 30 mn. Sa durée de vie : 1 à 2 mois.

2) Surveillance entomologique

La surveillance entomologique se fait par des prospections régulières au niveau de sites représentatifs des vecteurs. Elle permet de :

* Estimer le risque de transmission cad de déceler la présence ou l’absence du vecteur.

*Orienter la lutte :cad(a) délimiter l’espace à risque, (b) délimiter la période à risqué, (c) choisir la méthode de lutte appropriée et (d) choisir le bon insecticide en cas de lutte chimique

*Evaluer l’efficacité des actions cad avoir des indicateurs appropriés pour juger de l’efficacité d’une action : (a) comparaison de la population avant et après intervention et (b) comparaison de la population ciblée à celle d’une population voisine non touchée par l’action.

La surveillance entomologique commence par la capture d’adultes qui se fait par plusieurs méthodes à savoir : (a) capture par pièges adhésifs, (b) capture par pièges lumineux, (c)  capture manuelle au moyen de tubes a essai ou d’aspirateurs à bouche, (d) capture sur homme, (e) capture sur animal, (f) capture sur draps après pulvérisation de pyrèthre à l’intérieur des habitations. 

Apres l’opération de la capture et recueille d’informations sur la présence ou l’absence du vecteur,  vient l’étape de l’évaluation des opérations de lutte.  Toutes les activités de la surveillance et de lutte doivent être enregistrées et notifiées localement et communiquées dans le rapport trimestriel. 

3) lutte contre le vecteur

Eu égard de la difficulté d’identification des gîtes larvaires des phlébotomes. Les opérations de lutte contre le vecteur se focalisent sur les phlébotomes adultes. Les objectifs de cette lutte sont : (a) réduire la densité des phlébotomes et (b) arrêter la transmission de la maladie. Les actions de lutte peuvent être :

*Action physique et aménagement de l’environnement qui comprend :

  • Evacuation hygiénique des déchets solides humains (ordures ménagères…);
  • Evacuation des fumiers…(stockage, lieux..);
  • Amélioration de l’hygiène de l’habitat (fissures, fentes, crevasses…).

* Protection individuelle

  • Utilisation des moustiquaires aux ouvertures des habitations (fenêtres, portes…);
  • Utilisation des moustiquaires de lits imprégnéesd’insecticides (pyréthrinoides).

* Lutte chimique: la plus efficace et la plus largement utilisée. Elle consiste en l’aspersion d’insecticides à effet rémanent de

  • Surfaces intérieures des murs des habitations;
  • Traitement des entrées et des entourages des portes et des fenêtres;
  •  Traitement des abris d’animaux, des décharges d’ordures ménagères et des zones de repos des phlébotomes autours des habitations.

V) IEC

*Porte sur : (a)Promotion desmesures de prévention et de protection individuelle par l'utilisation de moustiquaires imprégnées de d’insecticides rémanents, les seules qui ne laissent pas passer les phlébotomes et  (b) l’observance des mesures de lutte physique et le changement écologique des gîtes potentiels des vecteurs et de l’hote (rongeurs).

Méthodes utilisées :

  *Communication interpersonnelle   *Communication de groupe   *Projection de diapositives

Moyens

   *Guide du programme; *Dépliants sur les leishmanioses, *Diaporama

VI) Le système d’information

Objectifs:

  • Recueillir l’information pertinente et exacte;
  • Surveiller l’évolution de la situation ;
  • Gérer et planifier les actions de lutte et de prévention;
  • Analyser les données épidémiologiques
  • Evaluer les actions entreprises
  • Echanger l’information

Composante :

  • Bon de prélèvement individuel : MP1;
  • Bon de prélèvement Collectif: MP2
  • Formulaire d ’Enquête Epidémiologique 
  • Rapport Trimestriel
  • Feuilles de déclaration des cas
  • Feuille d’enregistrement des examens de laboratoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fiche technique pour prélèvement dermique

C’est technique qui consiste à prélever le suc dermique au niveau d’une ulcération en vue d’un examen parasitologique à la recherche des leishmanies dans ce prélèvement.

Indication

*Patient présentant de lésion(e) cutanée(s) de type leishmaniose cutanée lors d’un dépistage sélectif

*  lors enquête epidemiologique autour d’un cas

* lors dépistage de masse    

Matériel à préparer

*Vaccinostyles stériles                                                                                                          *Lames en verre,                                                                                                                     *coton hydrophile,                                                                                                                  *compresse de gaze,                                                                                                                *désinfectant                                                                                                                         *sparadrap                                                                                                                                *boite à rainures  + boite d’expédition                                                                                                                       *bons de prélèvements  ( MP1ou MP2)

Technique

*Décaper soigneusement les croûtes                                                                               *désinfecter la lésion                                                                                                                         *faire des scarifications à la périphérie de la lésion dans ses parties infiltrées avec le  vaccinostyle,en évitant les zones ulcérées ou surinfectées par les bactéries                      *racler le revêtement cutané en allant au plus profond jusqu’à ce que suinte une sérosité plus ou moins teintée de sang                                                                                                 *prélever la quantité de suc dermique nécessaire au frottis  déposer le suc sur la lame *pratiquer l’étalement à l’aide d’une seconde lames                                                   *désinfecter et couvrir la lésion par un pansement protecteur                                         *remplir le bon d’examen en prenant soin de noter les informations sur la ou les  lésion(s), les circonstances de la découverte du malade envoyer                                                                  *les lames au laboratoire